TER ALI

TER ALI

Jacques Vergès, Lettre ouverte à des amis algériens devenus tortionnaires, Paris 1993

je suis détenu à la prison d’El-Harrach, no d’écrou 63111. J’ai été arrêté le 15 juillet 1992 à 15 h 30 à la sortie de la mosquée parla gendarmerie.

Après mon arrestation, j’ai été conduit chez moi par la gendarmerie qui a effectué une perquisition sans aucun mandat. Ils n’ont rien trouvé chez moi, à part de vieux journaux (El Mounquid, El Forkane, L’Éveil), qui se vendent dans tous les kiosques. lis ont volé 18 750 dinars.

Puis ils m’ont conduit à la brigade de gendarmerie de Ain Taya. Après quatre heures passées dans la cellule, ils ont commencé à me torturer, en enfonçant dans ma bouche une serpillière sur laquelle ils ont versé de l’eau savonneuse et de l’esprit de sel. Puis ils m’ont frappé avec un bâton sur la plante des pieds. Ils m’ont ordonné d’enlever mes habits et m’ont attaché de manière à m’enfoncer un bâton dans l’anus.

La torture a duré une semaine et j’éprouvais une douleur atroce à chaque fois que je me rendais aux WC. je souffre toujours et j’ai peur à chaque fois que je me rends aux WC.

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