Une nouvelle secousse et un mouvement de panique

Une nouvelle secousse et un mouvement de panique

Plus de 200 blessés à Alger et Boumerdès

Quotidien d’Oran, 28 mai 2003

Une nouvelle secousse tellurique a secoué hier Alger et ses environs. Le tremblement de terre, d’une magnitude de 5,8 et ayant pour épicentre la région de Zemmouri, dans la wilaya de Boumerdès, a été ressenti aux alentours de 19 heures, provoquant une grande panique parmi la population.

Sans doute moindre que celle du 21 mai dernier qui a surpris tout le monde, celle d’hier a tout de même jeté dans la rue beaucoup de monde: des personnes apeurées par le phénomène qui a duré plusieurs secondes, mais surtout par le fait d’habiter dans des quartiers où l’état des immeubles n’est pas très rassurant. C’est du moins l’impression que nous avons par exemple observée au niveau de la place Audin, en plein coeur d’Alger.

Les habitants des immeubles entourant cet endroit ont spontanément quitté leurs appartements pour se regrouper non loin du siège central de la compagnie nationale Air Algérie. Craignant des répliques sérieuses, certains riverains se sont empressés d’expédier leurs familles et leurs enfants à l’extérieur d’Alger-centre. Les téléphones portables, du moins ceux qui ont fonctionné au moment de la secousse, ont crépité de partout, chaque personne voulant s’enquérir de l’état d’un parent, d’un proche ou d’un voisin.

La même réaction de panique était visible au niveau de Ferhat Boussad (Meissonier): dès les premières secousses, les habitants du quartier ont rapidement quitté leurs foyers pour se mettre dehors sur les trottoirs ou dans des endroits perçus comme moins dangereux que leurs maisons. Leur crainte d’un effondrement des immeubles les a incités cette fois à davantage de vigilance et de rapidité à réagir devant le phénomène. Un nombre important d’immeubles du centre de la capitale a, en effet, souffert du premier tremblement de terre: certains d’entre eux portent des fissures très visibles tandis que d’autres ont été entourés depuis deux ou trois jours d’un cordon de sécurité indiquant le danger qu’ils représentent pour ses occupants ou les passants. C’est le cas des immeubles du 129 et du 131 de la rue Didouche Mourad, sérieusement endommagés et évacués en partie de leurs occupants.

Près de deux heures après la secousse, aux alentours de 20 heures trente, les gens étaient encore dehors de peur d’être piégés chez eux par de nouvelles répliques. Bon nombre de familles visiblement traumatisées par le phénomène ont préféré rester en bas de leurs immeubles ou dans leurs voitures.

Selon des sources concordantes, deux immeubles, l’un de 15 étages situé à Reghaïa et l’autre à Rouiba, se sont effondrés. Si le premier immeuble était théoriquement vide, ses locataires ayant été évacués après le premier séisme qui l’a sérieusement fragilisé, aucune indication n’était disponible hier au sujet du second immeuble et sur ses éventuels occupants.

On signale par ailleurs qu’au moins une soixantaine de personnes ont été blessées hier, dont une grièvement, dans la wilaya de Boumerdès. Un responsable du ministère de l’Intérieur avançait hier un bilan de plus de 200 blessés.

R. N.