Zemmouri n’a plus de centre-ville

Zemmouri n’a plus de centre-ville

Le Quotidien d’Oran, 25 mai 2003

La petite ville côtière de Zemmouri a subi de plein fouet les effets destructeurs du terrible tremblement de terre qui a secoué la wilaya de Boumerdès. La population toujours sous le choc ne sait plus à quel saint se vouer et se trouve livrée à elle-même. Au niveau du centre-ville où nous nous sommes rendus hier, les dégâts considérables sont à la mesure de l’ampleur de la catastrophe. Des bâtisses entières, des locaux de commerce mais aussi des édifices publics ont été réduits en l’espace de quelques secondes à un amas de pierres et de ferraille, recouvrant les corps de plusieurs citoyens toujours ensevelis sous les décombres. Des exemples de la gravité de la secousse sont nombreux à l’image de l’ex-mosquée du centre-ville qui a pratiquement disparu de la surface de la terre. A l’heure où nous mettons sous presse, des centaines de fidèles sont toujours sous des tonnes de gravats. Ces derniers accomplissaient comme d’habitude la prière du Maghreb, exactement à l’instant de la secousse de mercredi soir. Hélas, ils avaient rendez-vous avec l’heure fatidique, celle de la mort. Au niveau des quartiers périphériques de Zemmouri, le degré de dégradation est également important et ce sont les plus anciennes bâtisses qui ont été le plus durement affectées. Leurs propriétaires très abattus nous ont exprimé leur grande désolation devant le retard dans l’arrivée des secours, voire leur absence notamment au douar Benyounès. De nombreuses familles ont été déclarées sinistrées. En tout état de cause, la contestation populaire grandit au fur et à mesure que le temps passe et que s’amenuise l’espoir de retrouver un membre de la famille ou un ami.

23 communes sur les 32 que compte la wilaya de Boumerdès ont été déclarées sinistrées, selon M.Chenoune Mokrane, responsable de l’évaluation des dégâts, au niveau de la cellule de crise de la wilaya de Boumerdès. L’opération d’expertise des bâtisses endommagées a débuté hier. Elle est assurée par des brigades composées de membres du CTC, du CGS ainsi que des cadres techniques centraux et locaux. Les équipes chargées de l’évaluation technique de l’état des bâtiments affectés auront certainement du pain sur la planche compte tenu de l’ampleur des dégâts. Les communes les plus touchées sont par degré de gravité: Boumerdès, Zemmouri, Corso, Boudouaou et Thénia. Après l’établissement du constat technique de l’état des lieux, il sera émis un avis favorable ou défavorable concernant la consistance de la bâtisse. Par la suite, il sera décidé des appartements qui feront l’objet plus tard de démolition. D’autre part, et selon certaines estimations, le séisme a fait plusieurs milliers de milliards de dégâts et il faudra au moins cinq ans pour achever l’opération de reconstruction de tout ce qui a été détruit.

K. R.