Gazoduc transsaharien: L’Algérie œuvre d’arrache-pied à renforcer le projet

El-Houari Dilmi, Le Quotidien d’Oran, 19 mai 2024

Le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, a affirmé, vendredi à Sorrente (Italie), que l’Algérie « œuvrait d’arrache-pied à renforcer le projet du gazoduc transsaharien «TSGP» (Trans-Saharian Gas-Pipeline), reliant le Nigeria à la rive nord de la Méditerranée, via l’Algérie et le Niger », indique un communiqué du ministère.

Dans une allocution prononcée lors des travaux de la 3e édition du Forum international « Vers le Sud : la stratégie européenne pour une nouvelle saison géopolitique, économique et socioculturelle en Méditerranée », Arkab a précisé que l’Algérie «œuvre d’arrache-pied à renforcer le projet du gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à la rive nord de la Méditerranée, via l’Algérie et le Niger, à travers le raccordement au réseau gazier algérien». Ce projet « apportera une grande contribution aux approvisionnements en gaz naturel de l’Europe et renforcera ainsi la sécurité énergétique de la rive nord de la Méditerranée », et soutiendra également le développement socioéconomique des pays de transit », a-t-il ajouté. D’autre part, Arkab a indiqué que l’Algérie « prendra part au débat stratégique avec ses partenaires européens sur la création du Corridor sud H2, pour transporter l’hydrogène renouvelable produit en Algérie vers l’Allemagne, via la Tunisie, l’Italie et l’Autriche ». Par la même occasion, le ministre a affirmé que ce « mégaprojet requiert l’établissement de partenariats solides entre les secteurs public et privé, relevant que cette coopération permettra de mobiliser les grands investissements de partenariat requis pour le développement des infrastructures de production, de stockage et de transport de l’hydrogène ». Dans le même contexte, Arkab a mis en avant la détermination de l’Algérie à devenir « le principal fournisseur dans le domaine de l’hydrogène », au regard des énormes capacités et avantages dont elle dispose lui permettant d’occuper une place pionnière dans ce domaine, soulignant l’importance du modèle énergétique national en cours de préparation. Au plan régional, Arkab a réaffirmé la volonté de l’Algérie d’établir « un partenariat régional solide et efficace et de devenir un pôle énergétique dans la région et un axe d’échange énergétique grâce à de nombreux projets dont la liaison électrique et le Corridor sud H2 entre l’Algérie et l’Europe à même de booster la transition énergétique et d’appuyer le développement commun dans le bassin méditerranéen et l’Europe », soulignant l’attachement de l’Algérie à participer activement aux initiatives internationales pour la réduction des émissions des gaz à effet de serre et du méthane.

Renforcer l’interconnexion électrique

Le ministre de l’Energie a également évoqué l’un des projets phares de l’Algérie, en l’occurrence le développement de l’interconnexion électrique entre le nord et le sud de la Méditerranée, auquel une enveloppe de trois (3) mds USD a été allouée. Le projet, explique Arkab, revêt « une importance vitale pour le pays et la région », ajoutant qu’il est à même de renforcer les énergies renouvelables notamment, par l’amélioration des liaisons électriques locales ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour l’exportation de l’électricité propre vers l’Europe. Ce projet, poursuit le ministre, « permettra à nos voisins africains de s’y approvisionner dans le cadre de l’esprit de solidarité et de la coopération régionale », affichant la disposition de l’Algérie à « faciliter le passage de l’électricité à partir des pays de la rive Nord de la Méditerranée aux pays africains ». L’initiative permettra l’approvisionnement des pays africains en électricité propre et fiable, contribuant ainsi à leur développement socioéconomique, selon le ministre.