Khaled Nezzar et Mahfoud Nahnah ciblés à leur tour
Hassen Aribi lance un nouveau pavé dans la mare
Khaled Nezzar et Mahfoud Nahnah ciblés à leur tour
Par Mohamed Zaâf, Le Jeune Indépendant, 28 juillet 2001
Le député Hassen Aribi qui lançait il y a quelques jours de graves accusations contre le patron de lUGTA, Abdelmadjid Sidi-Saïd, menaçant de le traîner devant la justice pour malversations, sest de nouveau signalé dans des révélations sur les rôles respectifs joués, selon lui, par le général à la retraite Khaled Nezzar et le leader du MSP, Mahfoud Nahnah, dans la crise algérienne à ses débuts, à laube du coup dEtat de 1992.
Dans une interview accordée à lhebdomadaire arabophone Ennour El-Djadid, sans le citer nommément, mais tout en le désignant de manière à être clairement reconnu, Hassen Aribi pointe un doigt accusateur sur Khaled Nezzar. Cest lancien ministre de la Défense qui a donné à lépoque lordre de tirer sur les islamistes, affirmait le député, lorsquil démentait les thèses avancées sur lexistence dune aile armée du FIS avant son interdiction. «Si le FIS avait réellement, comme prétendu, une aile armée, à limage de celle qui sest constituée par la suite sous le nom de lAIS, Untel […] naurait pas osé [sattaquer aux islamistes du FIS], lui qui prétend être le fer de lance de ce putsch qui a confisqué la volonté du peuple algérien, lorsquil a conduit les gens par milliers dans les camps de concentration (dans le grand Sud) et les prisons, lorsquil a donné lordre de tirer de nuit comme de jour sur tout se qui se distingue par une sympathie pour le Front islamique du salut», déclarait-il dans les colonnes du journal. Parmi léquipe désignée communément sous le vocable de «janviéristes», le général à la retraite Khaled Nezzar est pratiquement le seul à avoir revendiqué publiquement la paternité du coup de force qui déposait le président Chadli Bendjedid. En revanche, la question de savoir qui a donné lordre de tirer sur les concentrations islamistes, lors de la grève politique du FIS, na jamais été éclaircie jusquà présent. Durant le procès des dirigeants du FIS, conduit en 1991 par la justice militaire à Blida, plusieurs hautes personnalités algériennes invitées à désigner la source derrière lordre fatidique désignaient la présidence. Cependant, toutes disculpaient de manière formelle le président Bendjedid.
Selon Hassen Aribi, qui passe pour avoir joué un rôle de médiateur dans le rapprochement couronné par laccord de 1997 entre lANP et lAIS, Mahfoud Nahnah aurait de son côté encouragé Nezzar dans son entreprise. Nezzar a été «encouragé par celui connu parmi les zaïms islamistes pour sa chouracratie et qui lui assurait que la facture (de la décision de janvier 1992) serait légère et que, pour lEtat, les contraintes seront nulles», révèle encore le député. «Cette implication, constate-t-il, a plutôt coûté cher à lAlgérie et a terni limage de lhéritière de lALN, lANP, qui a ainsi subi la morsure empoisonnée de ce mufti islamiste.»
Il est à espérer que larmée «ne se laissera plus mordre à nouveau et quelle ne prêtera pas loreille une nouvelle fois aux conseils de cet individu ni à ceux du comité de naufrage de lAlgérie (allusion dérisoire au CNSA : Comité national de sauvegarde de lAlgérie, créé dans lobjectif darrêter le processus électoral à lépoque) qui ne recèlent pas en eux un seul atome de démocratie et encore moins de nationalisme», est-il dit dans cette interview dont lhebdomadaire na publié que la première partie.

