Doutes sur la qualité du bâti post-séisme 2003

DOUTES SUR LA QUALITÉ DU BÂTI POST-SÉISME 2003

La sévère «réplique» du ministère de l’Habitat

Véritable coup de gueule que celui que le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville a eu à l’endroit de ces spécialistes et autres experts qui doutent de la qualité du bâti, surtout celui post-séisme du 21 mai 2003.

M. Kebci – Alger (Le Soir), Le Soir d’Algérie, 5 août 2014

Décidément, la très forte secousse tellurique de vendredi dernier à l’aube ayant ébranlé notamment la capitale, a fait délier bien de langues et relance de fort belle manière le débat sur la qualité du bâti, le nouveau notamment, et des projets de confortement et de réhabilitation de l’ancien.
Un débat et donc des avis pas nécessairement au diapason de la version officielle, qui, visiblement, irritent les pouvoirs publics. Et pour cause, le doute quant à la qualité du bâti émis par certaines voix via des canaux médiatiques, est mal perçu au ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville. Son secrétaire général qui présidait, hier lundi, une réunion sur le diagnostic des immeubles suite au séisme de vendredi dernier, n’a pas pris de gants pour fustiger ces voix discordantes. «Que ces experts et ces spécialistes cessent leurs discours alarmistes et au lieu de paniquer davantage les populations, viennent nous accompagner dans l’effort», affirmera à maintes reprises Nacereddine Azem pour qui la transparence dont fait preuve le département dans ses actions ne devait en aucun cas autoriser pareils «écarts de langage».
Et de brandir tel un trophée le fait que le dernier séisme n’ait pas fait trop de dégâts au niveau des immeubles, ce qui démontre, selon lui, «le respect des normes et standards internationaux en matière de règles parasismiques adoptées depuis le séisme de mai 2003» qui, poursuivra-t-il, «a été bénéfique».
Aussi, le secrétaire général du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, n’a-t-il pas fait part de l’impérative décision «courageuse» de démolir les vieux immeubles au lieu, commentera-t-il, de se contenter de «constater à chaque fois, leur état de dégradation avancée». «Des immeubles doivent disparaître des plans d’aménagement pour être remplacés par d’autres plus résistants», estimera Azem qui fera part d’un projet de texte qui verra la mise sur pied d’une agence nationale exclusivement dédiée au vieux bâti et ses corollaires, l’entretien et la réhabilitation.
Par ailleurs, Azem réitérera l’engagement des pouvoirs publics à venir à bout des bidonvilles qui enlaidissent nombre de villes du pays. «Plus aucun bidonville n’existera après 2015», dira-t-il, se fiant au recensement effectué en 2007 et au «soin» pris, cette fois-ci, de raser les baraques à chaque opération de relogement avec affectation du site ainsi récupéré pour les besoins de projets de logements ou autres équipements publics.
M. K.