Changement à la tête de la Garde républicaine et de la Marine nationale
ANP
Changement à la tête de la Garde républicaine et de la Marine nationale
Le Quotidien d’Oran, 9 août 2005
Abdelaziz Bouteflika vient de procéder à de nouveaux changements au sein de l’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP). Après les départs et mises à la retraite au niveau du ministère de la Défense nationale, intervenus cette semaine, sur décision du président, ce sont les commandements de la Garde républicaine et des Forces navales qui sont concernés.
Conformément à ses prérogatives constitutionnelles, le président de la République, chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale a nommé deux nouveaux commandants: celui des Forces navales ainsi que celui de la Garde républicaine, selon un communiqué rendu public, hier, par El-Mouradia. «C’est ainsi que sont nommés le général Layachi Grid en qualité de commandant de la Garde républicaine en remplacement du général major Ali Jemai. Le général Malek Necib en qualité de commandant des forces navales en remplacement du général Mohand Tahar Yaala», indique la présidence de la République.
Ces nouvelles nominations au sein de l’état-major de l’ANP interviennent, selon des observateurs, dans le cadre de la professionnalisation et du rajeunissement de l’armée algérienne. Ces deux changements touchent néanmoins à deux commandements particulièrement sensibles au sein de l’ANP. La Garde républicaine est un poste très sensible de part la nature de ses missions et prérogatives.
Chargé de la sécurité de tous les édifices de la République, ce corps a également pour prérogatives d’assurer les missions de sécurité et les services d’honneur au profit de la présidence de la République, des instances gouvernementales et des hautes autorités de l’Etat. En d’autres termes, les gardes républicains assurent la protection du chef de l’Etat à l’intérieur de la présidence.
Le nouveau commandement de la Garde républicaine, le général Layachi Grid est issu de la Gendarmerie nationale à laquelle est rattaché ce corps. Issu de l’école de guerre en Espagne, il a occupé son dernier poste au sein du commandement de la Gendarmerie nationale en qualité de chef de division des unités d’interventions de la GN qui gère les troubles à l’ordre public. Avant sa nomination à la tête de la Garde républicaine, il avait été pressenti pour prendre en charge le corps des Gardes-frontières. Le général Layachi Grid a également occupé des postes de commandement au niveau des unités territoriales de la Gendarmerie.
Quant au nouveau commandant des Forces navales, le général Malek Necib, il occupait le poste de commandant de la façade maritime ouest avant sa nomination. Il a été promu général par le président de la République lors des nominations de la fête de l’Indépendance, le 3 juillet dernier. Le général Malek Necib remplace le général Mohand Tahar Yaala qui a occupé ce poste depuis sa nomination en 2002. Ce changement est qualifié par les observateurs de «normal». D’autant qu’à l’image du général Mohand Tahar Yaala, le nouveau commandant des forces navales est issu de la marine nationale. Un changement qui s’inscrit, selon les mêmes sources, dans «la continuité». En somme l’orientation donnée pour une ouverture des forces navales sur les marines étrangères et principalement sur les forces navales de l’Alliance atlantique est une priorité inscrite au calendrier du nouveau commandant.
La professionnalisation de la Marine à laquelle a oeuvré le général Yaala, ces trois dernières années et sa mise à niveau aux standards internationaux également. La lutte contre le terrorisme, la contrebande, l’immigration clandestine et les trafics de tous genres font de cet objectif une priorité du plan de travail du nouveau commandant des Forces navales. Le développement de la coopération militaire avec l’Otan a entraîné la participation de la Marine algérienne à l’Endeavour Act, une opération conjointe avec les forces américaines stationnées en Europe de surveillance du trafic maritime dans la partie occidentale de la Méditerranée, comme celle de l’aviation et de l’infanterie à la lutte antiterroriste régionale dans le Sahel, dans le cadre de l’Initiative Pan-Sahel contre le terrorisme. Il n’est pas à écarter que de nouveaux changements tout aussi importants puissent intervenir au sein des institutions.
Samar Smati

