Kabylie, campagne électorale: 18 jours pour convaincre

PARTIELLES, OUVERTURE DE LA CAMPAGNE ELECTORALE

18 jours pour convaincre

Par Kamel Amghar, La Tribune, 5 Novembre 2005

Partis politiques et candidats indépendants, en lice pour les élections locales et partielles du 24 novembre prochain, n’ont désormais que 18 jours pour convaincre l’électorat à voter en faveur de leurs programmes respectifs.
La compétition s’annonce d’ores et déjà rude, et tous les postulants ont affiché bien auparavant leur résolution à défendre crânement leurs options. Le compte à rebours a commencé jeudi dernier, date de l’ouverture officielle de la campagne électorale de ce scrutin exceptionnel que d’aucuns prévoient serré eu égard à son enjeu éminemment politique, mais aussi à la forte participation de formations se disputant la représentation de la région, depuis notamment l’irruption populaire d’avril 2001.
En fait, les souscripteurs à cette échéance, qui concerne principalement la Kabylie, se sont déjà lancés dans la course depuis au moins un mois et comptent mobiliser prochainement tous leurs cadres et toutes leurs énergies à cet effet. Afin de battre les réticences des populations locales qui ont «boudé» toutes les consultations de ces quatre dernières années, chaque postulant y va de son propre argumentaire pour souligner toute l’importance de ce rendez-vous et son impact certain sur l’amélioration des prestations publiques et la gestion efficiente des collectivités locales. La politique de proximité, la démocratie participative ou la bonne gestion des affaires locales sont, par exemple, autant de concepts qui reviennent instamment dans les déclarations des uns et des autres. «Notre participation aux élections locales et partielles vise à faire barrage à la fausse représentation politique que le pouvoir tente d’imposer à cette région par la fraude, la corruption et le chantage», appuie Ali Laskri, le premier secrétaire national du FFS, qui compte également se saisir de cette occasion pour «réhabiliter le politique et sauvegarder les acquis démocratiques». Le RCD promet aussi de respecter la volonté populaire et s’engage à ouvrir un dialogue permanent avec les citoyens au sujet de leurs préoccupations quotidiennes.
«Nous nous proposons de faire adhérer les citoyens au mode de gestion participative dans les communes et les villages, pour leur permettre d’exprimer leurs besoins, leurs attentes et leurs priorités tout en participant à la réalisation des projets comme cela se faisait jadis en Kabylie où «Thiwizi» avait des valeurs ancestrales», précise Mouloud Lounaouci qui souligne par ailleurs que le pouvoir local, lorsqu’il est entre de bonnes mains, serait en mesure de «prendre en charge tous les dossiers brûlants liés au désarroi de la jeunesse, des handicapés, des investisseurs et de la gent féminine».
Un point qui requiert aussi l’attention du FLN, engagé dans la quasi-totalité des municipalités avec une réelle volonté de rivaliser avec les deux partis susmentionnés, réputés à fort ancrage dans la région.
Les responsables locaux du plus vieux parti ont effectivement axé leurs interventions sur la bonne «gouvernance» des collectivités locales, promettant particulièrement l’amélioration du cadre de vie des administrés en veillant sur l’hygiène publique, la prise en charge des problèmes quotidiens tels que l’alimentation en eau potable ou le transport en restant à l’écoute des comités et des associations représentant les populations.
Pour appuyer ces déclarations, de hauts dirigeants, dont des ministres, seraient attendus en Kabylie pour y défendre les listes du parti.
Le RND, au terme d’une structuration accélérée à travers de nombreuses communes, compte aussi exploiter ces élections partielles pour faire une percée dans la région. Des dossiers comme l’environnement, l’encouragement de l’investissement ou l’équité dans l’attribution des programmes sociaux sont autant d’engagements pris par ses représentants locaux, qui ont également annoncé la participation des premiers responsables du parti à cette bataille électorale pour soutenir leurs candidats à cette consultation.
Le PT et les autres formations qui postulent dans quelques circonscriptions seulement se disent tout autant décidés à prendre en charge les doléances des citoyens, et misent sur la réussite de cette élection pour dépasser définitivement la crise politique qui perdure depuis quatre ans dans la région.
Autre force non négligeable, les candidats indépendants, toujours en constante croissance, jouent sur ce facteur de la proximité qui les rapprochent plus de l’électeur, en se prévalant d’une meilleure connaissance des spécificités de chaque commune. Ils se présentent comme des «technocrates» entièrement voués à la gestion équitable et juste des ressources de la collectivité en se démarquant des combats politiques dont ils soupçonnent indirectement les candidats partisans. Une carte qui rapporte dans certaines municipalités où les assemblées précédentes ont été longtemps bloquées pour des considérations politiciennes ou de mauvaises cohabitations partisanes.
Voilà en gros les «chevaux de bataille» alignés par les différents concurrents qui ont 18 jours pour convaincre l’électorat du bien-fondé de leurs opinions.
Un électorat en phase qui se montre de plus en plus intéressé par cette «empoignade» électorale qui promet d’être chaude et fort disputée.

K. A.