Disparitions forcées  
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Nom : Zitouni

Prénom : Lakhdar

Date de naissance (ou âge)  : 03 août 1959

Etat-civil   : marié

Nombre d'enfants :

Profession : Secrétaire général de daïra

Adresse : Sidi Naâmane (Médéa)

Date de l'arrestation : 26 mars 1994

Heure : 22 heures

Lieu de l'arrestation : domicile

Agents responsables de l'arrestation : hommes armés en tenue militaire dirigés par un milicien.

Résumé des faits : Citoyen âgé de 35 ans, secrétaire général à la daïra de Sidi Naamane a été kidnappé le 26 mars 1994 de son domicile situé à Sidi Naamane, Médéa. Des hommes armés sont venus à 22 heures frapper à son domicile. Ils portaient des tenues militaires avec des kachabias à rayures au-dessus. Ils portaient des cartouchières à la ceinture. Ils étaient tous armés de kalachnikovs. Ils étaient dirigés par un certain A. B. qui est actuellement milicien à Berrouaghia selon le témoignage de sa sour. Ils ont enlevé le citoyen Zitouni qui portait un survêtement bleu avec une chemise rose claire à rayures et une jaquette en Skaï. Après 21 jours, des informations sont parvenues à la famille selon lesquelles il serait à la prison de Camora à Ksar Boukhari. C'est le frère d'un citoyen kidnappé et qui s'est retrouvé à cette prison à la recherche de son parent qui avait vu Zitouni et c'est ce dernier qui l'a chargé d'informer son père sur son lieu de détention.

Lieu (x) où la personne disparue a été localisée éventuellement :

  • Prison de Camora (Ksar El Boukhari, Médéa)

Démarches entreprises par la famille :

  • Plainte auprès de la justice.
  • Lettres à la présidence de la République, au ministre de la justice et à l'ONDH.

Observations :

Témoignage de la famille   : (sour)

Je m'appelle Zitouni Oumelkheir. Je suis la sour de Zitouni Lakhdar, kidnappé le 26 mars 1994 de son domicile à la commune de Khemis Djouamaa, Daira de Sidi Naâmane à Médéa. Des hommes armés sont venus à 22 heures frapper à notre porte. Ils portaient des tenues militaires avec des kachabias à rayures au dessus. Ils portaient des cartouchières comme ceinture. Ils étaient tous armés de kalachnikovs. Ils étaient dirigés par un certain Abdelkader Benmeziane qui est actuellement milicien à Berrouaghia. Ils ont pris alors mon frère qui est sorti portant un survêtement bleu avec une chemise rose claire à rayures et une jaquette en Skaï. Mon frère exerçait la fonction de secrétaire général à la daïra de Sidi Naâmane. Il avait même été proposé comme chef de daïra. Il n'a jamais fait de politique.

Au début nous avons pensé qu'il s'agissait d'un groupe islamique, mais quand nous avons vu leur chef qui est un milicien qui travaillait avec l'armée de la localité de Louhat, près d'Omaria, nous avons tout de suite compris qu'il s'agissait d'éléments de la houkouma.

Après 21 jours, des informations nous sont parvenues que mon frère était à la prison de Camora à Ksar Boukhari. C'est le frère d'un citoyen kidnappé que nous connaissons et qui est allé à cette prison à la recherche de son parent, qui avait vu mon frère. Ce dernier l'avait chargé d'informer notre père sur son lieu de détention.

Après deux mois, nous avons eu d'autres informations nous confirmant qu'il était passé par cette prison mais qu'il aurait été transféré vers une destination inconnue.

Nous avons écrit une lettre à l'Observatoire des droits de l'homme. Ils nous ont répondu qu'il avait été tué trois jours après son enlèvement et que son corps avait été jeté devant la porte de sa maison. Je m'inscris en faux contre cela. A aucun moment le corps de mon frère n'a été retrouvé devant notre maison. Bien plus, des témoins détenus à la prison de Camora de Ksar Boukhari l'ont vu plus d'un mois après son enlèvement.

Je tiens à préciser que des militaires arrêtaient régulièrement des citoyens de cette région durant l'année 1994 et les tuaient. Ils étaient aidés en cela par des membres de la famille Benméziane qui jouaient les indicateurs. Cette famille réglait ses comptes avec la population par ce moyen. En ce qui nous concerne c'est Benméziane Abdelkader qui a conduit le groupe armé à notre domicile pour arrêter mon frère. Je suis catégorique.

Ce sont des membres de cette famille qui tuaient les gens qui avaient eu des différents avec eux dans le passé. Avec les armes que la houkouma leur a donné, ils se permettaient de se venger.

Le jeune étudiant Rebit Saïd a été tué alors qu'il revenait de l'école par des militaires qui passaient sur la route avec leurs chars.

 
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