Disparitions forcées  
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Nom : Zenati

Prénom : Fayçal

Date de naissance (ou âge)  : 1 er janvier 1971

Etat-civil   : Célibataire

Nombre d'enfants :

Profession : Ouvrier

Adresse : Cherarba, Alger

Date de l'arrestation : 10 avril 1995

Heure :

Lieu de l'arrestation : Caserne des Eucalyptus, El Harrach.

Agents responsables de l'arrestation : militaires

Résumé des faits : Citoyen âgé de 24 ans, célibataire, ouvrier, demeurant à la cité Zouaoui, Cherarba (El Harrach), a été arrêté le 10 avril 1995 à 13 heures par les militaires de la caserne des Eucalyptus où il s'était rendu en compagnie de son père et de sa sour suite à la venue de militaires au domicile la veille alors qu'il était absent. Il avait été remis par son propre père au capitaine H. qui avait promis de le libérer à 17 heures. Les militaires revinrent au domicile paternel avec Fayçal le corps marqué par la torture, un mois après son arrestation, pour une perquisition. Ils fouillèrent les lieux et repartirent avec lui. Il aurait été vu lors d'un ratissage à Cherarba en compagnie de militaires qui le brutalisaient en pénétrant au domicile d'une vieille dame nommée Chekchak Rebiha. Cette dernière lui aurait même donné à boire. Des rumeurs ont fait état de sa présence pendant 10 mois au commissariat de Bourouba, puis il aurait été incarcéré à Serkadji. Les militaires reviendront à plusieurs reprises perquisitionner le domicile. Son frère Youcef sera enlevé le 15 décembre 1994 et a disparaîtra également.

Lieu (x) où la personne disparue a été localisée éventuellement :

  • Caserne militaire des Eucalyptus (Alger)

Démarches entreprises par la famille :

  • Plainte auprès du procureur de la République d'El Harrach.
  • Lettres aux autorités, à l'ONDH.

Observations :

  • Son frère Youcef sera enlevé le 15 décembre 1995 et disparaîtra.

Témoignage de la famille   : (sour)

Zenati Fayçal a été arrêté le 10 avril 1995 par les militaires. Auparavant ils sont venus à la maison le chercher. Il était absent. Lorsqu'il est arrivé vers 13 heures, nous l'avons accompagné mon père, mon frère et moi à la caserne des Eucalyptus et nous l'avons remis au capitaine Hassène. Il nous promis de le libérer à 17 heures. Il ne fut jamais libéré.

Un mois plus tard les militaires revinrent à la maison en compagnie de mon frère pour une perquisition. Ils ne trouvèrent rien de particulier. Ils se dirigèrent vers Cherarba. Des témoins nous ont raconté qu'ils ont entendu mon frère Fayçal crier aux militaires : « Si voulez me tuer, tuez-moi. On ne meurt qu'une fois ! ». Ils emmenèrent mon frère chez une vieille dame, du nom de Chekchak Rebiha pour perquisitionner. Selon cette dernière, notre frère avait dit aux militaires : « Pourquoi m'avez vous ramené chez cette dame, je ne la connais même pas ? ». La dame nous a dit avoir donné à boire à notre frère.

En partant, selon les témoins, les militaires tabassaient le jeune Fayçal.

En allant à la caserne, on nous dit que les policiers l'avaient pris. En nous adressant à la police, on nous disait le contraire. Puis ils nous dirent qu'il a été transféré à Blida.

Mon père se déplaça à Blida pour rien.

Mon second frère, Youcef Zenati 19 ans est étudiant en chimie. Un après-midi , aux environs de 17 h 30 en revenant de l'université et après avoir changer ses vêtements, il décida de sortir dans le quartier pour prendre un peu d'air avec son cousin, en attendant de lui préparer un café

Soudain, nous entendîmes des rafales d'armes. Je me suis mise à crier en disant : « Père, Youcef vient de sortir ».

En regardant par la fenêtre son jeune frère vit Youcef qui venait d'être kidnappé par quatre hommes armés portant des pantalons de parachutistes et en tricots de peau. La voiture de type 505, blanche immatriculée 18 (wilaya de Jijel) démarra en trombe. L'un des hommes armés se mis à tirer de la voiture sur notre cousin qui avait pris la fuite et qui fut blessé par les tirs.

A ce jour nous n'avons aucune nouvelle des deux frères.

 
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