Disparitions forcées  
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Nom : Bourefis

Prénom : Bachir

Date de naissance (ou âge) : 26 décembre 1954 à Texanna (Jijel)

Etat-civil : Marié

Nombre d’enfants : 07

Profession : Commerçant    

Adresse : Jijel

Date de l’arrestation : 22 décembre 1996

Heure : 14 h

Lieu de l’arrestation : gendarmerie

Agents responsables de l’arrestation : gendarmes

Résumé des faits : Bachir Bourefis, âgé de 42 ans, marié et père de 7 enfants, commerçant, demeurant à Jijel s'est rendu à la gendarmerie de Emir Abdelkader (Jijel) sur convocation orale le 22 décembre 1996 à 14h et a disparu depuis.

Lieu (x) où la personne disparue a été localisée éventuellement :

  • brigade de gendarmerie de Emir Abdelkader (Jijel)

Démarches entreprises par la famille :

  • Plainte pour enlèvement déposée par sa famille.
  • Lettres à la CNCPPDH, Président de la République, procureur de la République et différents ministres.
  • Lettre au groupe de travail sur les disparitions forcées au niveau de l'ONU, différentes organisation de défense des droits de l'homme.

Observations :

  • Son père, Tahar, arrêté le 23 août 1996, a disparu depuis.
  • un frère, Slimane, avait été enlevé le 12 mars 1997 vers 20h au domicile familial par six membres de la brigade de gendarmerie de Emir Abdelkader, en tête, le gendarme nommé Mustapha. Au cours de la même rafle Mohamed Houli a aussi été enlevé. Tous les deux ont été détenus au siège de la brigade pendant 14 jours où, sous prétexte d’appartenance à un réseau de soutien aux groupes islamistes armés, ils ont été victimes de différentes méthodes de tortures . Mustapha était chargé de la torture (en état d’ivresse et/ou sous l’effet de psychotropes) et le chef Said Gueham n’hésitait pas non plus à leur donner des coups de pieds et/ou de poings. Le chef, Gueham, avait dit à Slimane: "si tu n’avoues pas que tu soutiens les groupes terroristes tu subiras le même sort que ton frère ainé Bachir et ton père". Les trois premiers jours de leur détention ils n’ont rien mangé, jusqu’au quatrième jour où ils ont reçu un petit morceau de pain. Puis ils ont reçu un petit morceau de pain tous les trois jours. Les gendarmes leur donnaient à boire d'un bidon de 5 litres directement à la bouche par la fenêtre de la porte de la cellule. Les conditions d’hygiène à l’intérieur de la cellule étaient catastrophiques avec des urines stagnantes, l'accès aux toilettes n'était permis qu'une fois tous les quatre jours. Il n’y avait pas de literie à l’intérieur de la cellule si bien qu’ils étaient obligés de dormir directement sur le sol (au mois de mars). Slimane a déchriffé des phrases écrites de sang sur le mur de la cellule : Said Bouatrous, disparu jusqu'à nos jours, avait écrit son nom et une prière: "mon Dieu, qu’ils nous libèrent !". Les méthodes de tortures utilisées allaient des coups de pieds et de poings, à la flagellation avec des fils électriques, les tenailles et l’épreuve du chiffon. Mustapha avait dit à Slimane: "tu dois mentir et impliquer Houli, même à tort pour sauver ta vie".
  • un autre frère, Boualem, avait entamé le 10 septembre 1996 un stage pour adjudants pénitenciers, au niveau de l’annexe de l’école nationale de l’administration pénitentiaire située à Kasr-chellala (w. de Tiaret). Il fut exclu du stage le 19 janvier 1997 après l’achèvement de l’enquête menée par la gendarmerie de sa commune à propos de ses antécédents personnels et familiaux. Boualem s'est adressé à la direction générale de l’administration pénitentiaire (DGAP) à Alger oú il a été informé que le résultat de l’enquête était négatif en raison de l'appartenance au parti dissout et membre d’une famille sympathisante avec les groupes terroristes. L'administration considérait que sa réintégration était impossible.

Témoignage de la famille : (mère)

L'histoire de la disparition de mon fils Bachir remonte au 19 décembre 1996, losque le chef de la gendarmerie nationale d'Emir Abdelkader (Jijel) a chargé mon fils Bilal de lui faire parvenir une convocation orale lui demandant de se présenter au siège de la gendarmerie. Effectivement, le 22 décembre 1996 vers 14h, Bachir s'y est rendu, accompagné de sa femme et de son fils. Immédiatement Bachir a été emprisonné à l'intérieur alors que sa femme et son fils sont restés dehors, réclamant sa libération. Mais les gendarmes n'ont rien voulu savoir, au contraire, ils les ont insultés et intimidés. Les deux ont attendu jusqu'à la tombée de la nuit sans que Bachir soit libéré. Le lendemain son épouse s'est présentée à nouveau à la brigade. Elle a récupéré les clés qui se trouvaient avec Bachir mais pas Bachir. Dans les jours suivants, nous nous sommes présentés quasi-quotiennement au siège de la gendarmerie pour exiger la libération de Bachir, en vain.

Quatre mois après son arrestation, les gendarmes ont remis à sa femme le livret de famille que Bachir avait pris avec lui et elle a été informée qu'il avait été transféré au siège du secteur militaire opérationnel de Jijel. Depuis, nous n'avons plus eu de nouvelles de Bachir.

Bachir avait déjà fait l'objet d'un enlèvemenrt au début du mois d'août 1994. Des éléments d'une caserne militaire proche de son domicile l'ont enlevé de son domicile. Il a été emprisonné pendant une nuit dans cette caserne puis transféré au siège du secteur militaire opérationnel de Jijel. Il a été emprisonné pendant 2 mois et subi des tortures physiques et psychiques sauvages, entre autre l'électricité, les brûlures, l'épreuve du chiffon, la faim, les insultes. Il a été libéré début octobre 1994 dans un état lamentable et il a été menacé de représailles s'il révélait le lieu de détention ou les pratiques de tortures.

 

 

 
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Constatations du Comité des droits de l'homme (pdf, 24.07.14)

L'Algérie condamnée par le Comité des droits de l'homme de l'ONU pour les disparitions forcées de Tahar et Bachir Bourefis... 18 ans de souffrance enfin reconnue (AK, 15.09.14)

 
www.algeria-watch.org