MGR TEISSIER A LIBERATION

«Les moines de Tibehirine ont été tués par le GIA»

L'Expression, 28 décembre 2002

C’est à peine si l’archevêq0ue d’Alger n’a pas directement parlé d’un complot monté de toutes pièces contre notre pays.

La campagne lancée tambour battant par le journal Libération, avec le soutien occulte de certains cercles politico-financiers de l’Hexagone, n’aura pas fait long feu. Le caractère spectaculaire des «révélations» faites par un agent algérien censé avoir été retourné par les services secrets français n’auront retenu l’attention des médias que l’espace de 24 heures. Trop énormes étaient les couleuvres pour pouvoir être avalées, même par une opinion publique manipulable à merci. Le coup de grâce à ce journal qui ne cache même plus sa haine contre notre pays, est intervenu ce jeudi à travers une interview accordée à l’AFP par l’archevêque d’Alger, représentant de la communauté catholique en Algérie. En dépit de son éducation, qui lui interdit de condamner ou de railler son prochain, Mgr Teissier n’a pu s’empêcher de lancer quelques notes cyniques en direction des auteurs de cette nouvelle cabale contre l’Armée algérienne et les autorités politiques de notre pays au moment des tragiques événements qui avaient endeuillé la communauté catholique en particulier et le monde entier en général à la suite de l’enlèvement, puis de l’assassinat, de sept moines à Tibehirine, à Médéa, un des plus dangereux fiefs du GIA. D’entrée de jeu, le religieux se montre catégorique dans ses déclarations: «Les sept moines trappistes français du monastère de Tibehirine, près de Médéa, ont été tués par le Groupe islamique armé (GIA)». Ce groupe, à l’époque, était dirigé par Djamel Zitouni. Rejetant dans le fond et dans la forme les assertions rapportées par le journal Libération, proche des socialistes, Mgr Henri Teissier, s’exprimant au nom de la communauté qu’il représente ajoute: «Nous n’avons pas de raisons de remettre en cause ce que nous tenons de témoins et voisins (du monastère). A savoir, que les moines ont été éliminés par le GIA de Zitouni».
Cette vision est beaucoup plus proche de la réalité. Elle montre aussi que l’archevêque d’Alger n’a jamais perdu le contact avec le terrain et les gens de cette région, mais aussi du pays tout entier. Il indique, du reste, à ce sujet que «l’archevêché a gardé des contacts réguliers avec Tibehirine», ajoutant que «nous nous y rendons régulièrement, et nous gardons le contact avec les habitants et les voisins». Impossible d’en dire autant pour les «reporters» de Libération. Dans leur volonté de régler des comptes personnels, jamais soldés depuis la Guerre de libération nationale, le journal a ignoré ces vérités devenues évidentes pour tous, hormis pour les farouches adversaires de l’Algérie, toujours aveuglés par la haine, et ne voyant même pas que plus personne ne prend au sérieux leurs «délires» de plus en plus invraisemblables.
C’est sur un ton que trahit une ironie à peine contenue que le prélat revient sur les «révélations» de Libération et la «source» qui en aurait été à l’origine, déclarant: «Nous sommes très étonnés (on l’eût été pour beaucoup moins) que l’on puisse apporter des éléments (nouveaux?) à partir de la Thaïlande.»
Le choix de la date de parution de ces nouvelles attaques, qui se sont retournées contre leurs propres concepteurs, a, lui aussi, été abordé par l’archevêque d’Alger. «Nous avons été très affectés par cet article qui, à deux ou trois jours de Noël, aura des conséquences pénibles sur les familles en relançant les doutes sur les origines du drame».
Libération, en voulant faire mal à l’Algérie, choisissant sans doute l’anniversaire du détournement de l’Airbus d’Air France, a surtout fait du mal à la communauté chrétienne de France et aux familles de ces malheureuses victimes. Sans doute Libération devra-t-il réviser sa copie s’il veut poursuivre sur sa voie, visant à dénigrer coûte que coûte l’ensemble des institutions algériennes.

Mohamed ABDOUN


 

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