Moines de Tibhirine : Mgr Teissier s’élève contre les «affirmations» d’un journal français

“Les sept moines trapistes ont été tué par le GIA”

El Moudjahid, 28 décembre 2002

Nous n’avons pas de raison de remettre en cause ce que nous tenons de temoins et de voisons.
Ces informations surviennent “au temps fort de relation entre l’Algérie et la France” notamment à l’approche de “lannée de l’Algérie en France”
L’archevêque d’Alger, Mgr Henri Teissier, s’est élevé contre les affirmations d’un journal français, selon lesquelles les autorités algériennes auraient ordonné l’enlèvement des sept moines français de Tibhirine assassinés en 1996 par les groupe islamiques armés (GIA).
«Ces affirmations restent à démontrer et à prouver», a-t-il affirmé mercredi soir à la télévision satellitaire «Canal Algérie».
Mgr Tessier s’est déclaré, en outre, «très triste» que ce drame soit évoqué la veille de Noël, et que sa pensée est avec les familles des moines qu’il connaît.
Il a dénoncé, par ailleurs, le fait que ces informations surviennent «au temps fort des relations entre l’Algérie et la France», notamment à l’approche de l’événement de «l’Année de l’Algérie en France».
«Avec ces informations, on a l’impression qu’il s’agit d’établir des obstacles entre les deux pays», a-t-il dit, précisant que «le plus important est de savoir la vérité».
«Nous avons gardé une relation permanente avec cette région. Nous avons des religieux qui se rendent régulièrement à Tibhirine et qui vivent près de cet endroit», a indiqué Mgr Teissier, précisant qu’«à aucun moment ils n’ont eu des informations comme celles qui viennent d’être publiées par ce journal en France».
«Les habitants de ce village, et tous ceux qui nous connaissons là-bas, sont mieux placés pour savoir ce qui s’est passé que ceux qui vivent loin (…)», a-t-il affirmé.
Dans une déclaration à l’AFP, Mgr Teissier a affirmé également que les sept moines trappistes français du monastère de Tibhirine, près de Médéa (70 km au sud d’Alger), ont été tués par le Groupe islamique armé (GIA), dirigé alors par Djamel Zitouni.
«Nous n’avons pas de raisons de remettre en cause ce que nous tenons de témoins et de voisins (du monastère), à savoir que les moines ont été éliminés par le GIA de Zitouni», a-t-il indiqué.
Il s’est déclaré en outre très étonné que l’on puisse apporter des éléments à partir de la Thaïlande», soulignant que l’archevêché avait «des liens réguliers avec Tibhirine».
Mercredi, le mouvement associatif algérien a dénoncé lui aussi «les manipulations faites par les ennemis de l’Algérie, pour relancer une thèse morte et enterrée, celle du “qui tue qui”».
Réuni à Alger, en marge d’une rencontre nationale, le mouvement associatif algérien a par ailleurs exprimé, dans un communiqué, son soutien «indéfectible» à l’ANP et à toutes les forces de sécurité «pour le combat mené contre le terrorisme».
Il s’élève en outre contre «l’instrumentalisation, par les ennemis de l’Algérie, de quelques traîtres (…) qui apportent leur lot de mensonges sur des situations imaginaires, confectionnées de toutes pièces pour plaire à leurs commanditaires».
Le mouvement associatif s’est demandé également «pourquoi à chaque fois qu’une tentative de rapprochement entre les peuples algérien et français est amorcée, des voix s’élèvent pour perturber cette dynamique et la parasiter».

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