BP veut investir deux milliards de dollars en Algérie

Pour les cinq prochaines années

BP veut investir deux milliards de dollars en Algérie

par Moncef Wafi, Le Quotidien d’Oran, 5 août 2009

Dans un entretien à l’agence d’information continue Reuters, Akli Brihi, le directeur général de la filiale algérienne de la compagnie pétrolière internationale British Petroleum (BP), a révélé que BP envisage d’investir 2 milliards de dollars les cinq prochaines années en Algérie. Ainsi et après avoir signé en 2006 une convention-cadre avec le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels pour la formation de 300 jeunes stagiaires pour les besoins du secteur pétrolier, BP consacrera une partie de sa trésorerie à des projets gaziers et pétroliers sur lesquels elle est déjà à pied d’oeuvre. Une partie de ces investissements sera consacrée aux opérations d’exploration à travers le forage de trois puits situés dans un gisement gazier au grand potentiel. M. Akli Brihi annonce l’intention de BP de renforcer l’outil de production dans deux importants champs gaziers sans pour autant les nommer.

En 2007, la compagnie pétrolière qui avait réalisé 17 milliards de dollars de bénéfices dans des activités déployées dans 100 pays, avait annoncé la couleur en envisageant d’augmenter ses investissements en Algérie. «L’Algérie occupe la première place dans le radar des opportunités de BP. Il y a une bonne gouvernance dans le secteur de l’énergie. Il existe des avis d’appel d’offres. Les choses sont claires. Cela répond à nos valeurs», avait précisé alors Serge Dubois, en charge de la communication à BP. British Petroleum exploite, en partenariat avec Sonatrach, des champs gaziers à In Amenas et In Salah, d’un volume de production annuelle globale de 18 milliards de mètres cubes, soit 20% des capacités actuelles de l’Algérie. A Rhourde El Baguel (REB), à Hassi Messaoud, la firme exploite un champ pétrolier, mais avec moins de chance puisque la nature fracturée du sol a réduit les capacités d’exploitation limitées à 22.000 barils/jour, loin des 100.000 barils prévus. Dans le bassin d’Illizi, la firme explore des champs gaziers. S’ajoute à cela le forage de Bourahat qui n’est pas encore en activité.

La nature des contrats fait que BP ne paye pas de taxes sur les superprofits. En partenariat avec Petroser, une entreprise privée, BP va se lancer dans l’industrie des lubrifiants. Selon M.Brihi, BP a investi 5 milliards de dollars en 12 ans de présence en Algérie qui est le quatrième plus grand exportateur de gaz et huitième grand exportateur de pétrole brut à travers le monde. BP est ainsi l’un des majeurs investisseurs dans le secteur de l’énergie en particulier et tous secteurs confondus. Il faut savoir que le gaz exporté à partir des champs gaziers de In Salah et In Amenas qui sont exploités par BP et ses partenaires le norvégien StatoilHydro et la compagnie nationale Sonatrach représente un tiers du volume global des exportations annuelles de gaz de l’Algérie. Les trois opérateurs ont investi pas moins de 800 millions de dollars dans un projet de compression de gaz à In Salah qui devrait être achevé l’année prochaine. Ils projettent également de forer de nouveaux puits de productions dans le sud du block dans la même région.

L’objectif de ces investissements est de maintenir la production à hauteur de 9 milliards de mètres cubes cette année, a précisé M. Brihi. Il a indiqué que les trois entreprises ont les mêmes ambitions pour le gazoduc du champ d’In Amenas dont la capacité de production avoisine également les 9 milliards de mètres cubes par an et qui produit aussi 50.000 barils par jour de condensat de gaz et de gaz de pétrole liquéfié (GPL). Le DG de BP Algérie a révélé en outre que la multinationale effectue actuellement les études sismiques et envisage de lancer d’ici la fin de cette année les opérations de forage pour l’exploration de trois puits du block d’exploration à Bourarhet (Illizi) pour évaluer le potentiel en réserves de gaz. BP, a encore affirmé M. Brihi, est intéressé par l’appel d’offres lancé par l’Algérie pour l’exploitation et l’exploration de 10 blocks de pétrole et de gaz. L’un des périmètres présenterait un grand potentiel de réserves.

M. Brihi a souligné toutefois que la participation de BP est tributaire des conditions du gouvernement algérien. Les investisseurs ne s’étaient pas bousculés au portillon lors du précédent appel d’offres où seul un tiers des blocks a trouvé preneurs. Ces investissements répondent au souci économique de BP de diversifier ses ressources et surtout on est loin de ses précédentes prévisions quant aux réserves de pétrole de l’Algérie.