En contrepartie de l’accès du groupe pétrolier français Total au périmètre le plus convoité

En contrepartie de l’accès du groupe pétrolier français Total au périmètre le plus convoité

Un bonus de 2 milliards de dollars pour Sonatrach

Par : Khaled R., Liberté, 21 décembre 2009

la séance d’ouverture des plis inhérente au second appel d’offres international en matière d’exploration dans le cadre de la nouvelle loi sur les hydrocarbures a enregistré l’octroi de trois périmètres sur les dix proposés.

Les compagnies françaises ont raflé, hier, la mise en remportant deux périmètres sur les trois cédés par l’Agence nationale de valorisation des hydrocarbures Alnaft. Le groupe pétrolier français Total, associé à la compagnie portugaise Partex, a remporté le périmètre le plus convoité, à savoir l’Ahnet situé dans le bassin de Gourara, au Sud-Ouest. Ce champ de gaz recèle au moins 100 milliards de mètres cubes de gaz. En raison du caractère très sélectif de la compétition sur ce périmètre, une seule offre a été soumise. Le consortium franco-portugais a proposé 4,11 dollars par baril équivalent pétrole découvert. Ce qui correspond à un bonus minimum de 2 milliards de dollars au titre du droit d’entrée. Total et son associé doivent verser ce montant en cinq ans à Sonatrach. À l’évidence, la compagnie pétrolière nationale détiendra 51% et les deux associés 49% dans le groupement chargé de développer le champ. Au titre des engagements du consortium, ce gisement doit produire au moins 4 milliards de mètres cubes par an de gaz. La phase plateau est fixée à 17 ans et le premier mètre cube de gaz extrait en juillet 2014.
Le consortium européen, constitué entre l’espagnol Repsol, Gaz de France et l’italien Enel, a remporté, lui, le périmètre du sud-est d’Illizi. Son potentiel semble prometteur, selon Sonatrach : 12 découvertes réalisées, des ressources évaluées à 63 milliards de mètres cubes de gaz et 65 millions de mètres cubes d’huile. Une seule offre avait été soumise. Le consortium devra forer 4 puits d’exploration et réaliser 250 kilomètres de sismique 3D. La compétition a été plus serrée par contre sur le périmètre de Hassi Bir Rekaiz, situé dans le bassin de Berkine. Le consortium PTEP (Thaïlande) et Cnoc (Chine) l’a remporté devant ses concurrents le russe Gazprom, l’espagnol Cepsa et le consortium TPAO/ONGC/Dana Gas (Turquie-Inde-Émirats arabes unis). Le potentiel huile de ce périmètre est estimé à 130 millions de mètres cubes. Le programme de travaux proposé par ce consortium s’avère plus important : 1 500 kilomètres de sismique 3D et le forage de 8 puits d’exploration. Les résultats de ce second appel d’offres en matière d’exploration semblent ainsi modestes : six offres seulement, 3 périmètres sur 10, quand on sait que 81 compagnies sont préqualifiées pour cet appel, 36 ayant retiré le cahier des charges. Mais tour à tour, le ministre de l’Énergie et le président d’Alnaft, M. Betata, ont affiché leur satisfaction. Il ne faut pas oublier que l’Algérie table entre autres gisements importants à développer sur l’Ahnet pour soutenir pendant une durée acceptable l’expansion de ses exportations de gaz portées à 85 milliards de mètres cubes à partir de 2012-2014. Or avec cet appel d’offres, la voie est ouverte pour le développement de l’Ahnet.
Le ministre de l’Énergie, Chakib Khelil, a justifié ce résultat par la conjoncture internationale : la baisse actuelle de la demande sur le marché mondial du gaz. Les prix ont chuté : seulement 4 dollars par million de Btu.
D’autres spécialistes ont mis en avant le fait que les compagnies internationales, dans une situation de rareté des liquidités, cherchent une allocation judicieuse de leurs ressources financières, en ciblant les gisements en exploitation à travers le monde qui sont moins risqués que l’acquisition de périmètres d’exploration. D’autres ont invoqué les calculs de rentabilité qui ont dissuadé maintes compagnies à soumissionner. Autrement dit, seuls trois périmètres sur 10 semblaient vraiment intéressants pour ces compagnies. D’ailleurs les données de ces trois périmètres avaient été le plus consultées.
Le président d’Alnaft a souligné que son agence compte tirer les leçons de cette nouvelle compétition en vue de rectifier éventuellement le tir lors du troisième appel d’offres en matière d’exploration, à lancer en 2010.