Pas de marche arrière dans le dossier du gaz de schiste

Pas de marche arrière dans le dossier du gaz de schiste

par Houari Saaïdia, Le Quotidien d’Oran, 25 février 2015

L’option des hydrocarbures non conventionnels est un «choix stratégique» pour l’Algérie, qui «ne peut pas se passer» de ce type de ressources fossiles nécessitant des moyens d’extraction non conventionnels. L’Etat algérien n’est pas près de faire marche arrière dans le controversé dossier du gaz de schiste.

C’est ce qui ressort, à grand trait, du discours prononcé, hier à Arzew, par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, à l’occasion de la journée du 24 Février, date anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures. La déclaration du premier responsable de l’exécutif gouvernemental est venue confirmer, si besoin est, l’orientation supérieure donnée en ce sens par le chef de l’Etat, par le biais d’un message présidentiel lu à l’ouverture de la cérémonie par son conseiller, Mohamed Boughazi. «Le pétrole et le gaz conventionnels et non conventionnels ainsi que les énergies renouvelables sont un don de Dieu pour l’Algérie. Notre pays veut développer d’autres énergies (autres que les hydrocarbures conventionnels) en prenant en considération la santé des citoyens et l’impact environnemental», a dit le Président dans sa lettre. Après un bref rappel historique sur le 59e anniversaire de la création de l’UGTA et le 44e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures, où «l’Algérie a recouvré son entière souveraineté économique», le président de la République a fait remarquer que depuis 1971 à ce jour, l’Algérie a foré 430 puits de pétrole et gaz, dont 2 tiers par Sonatrach, triplé son produit national en pétrole et multiplié 25 fois son produit en gaz naturel. Par ailleurs, évoquant les répercussions de la chute des cours du pétrole sur le marché international depuis l’année 2014, le président de la République a souligné que toutes les mesures adéquates ont été prises par le gouvernement pour faire face à cette conjoncture, mettant l’accent sur la nécessité de développer d’autres secteurs hors hydrocarbures matériels ou culturels et autres, comme l’agriculture, les PTIC, l’industrie, pour le développement durable. Pour sa part, le Premier ministre a souligné dans son discours que «l’Algérie ne peut pas se passer des énergies non conventionnelles. Je parle d’énergie parce qu’on a plus de gaz non conventionnel, qu’on appelle aussi du schiste et de pétrole non conventionnel. On a pris des conditions draconiennes pour l’exploitation du gaz de schiste. Par ailleurs, on n’a jamais arrêté l’exploitation du gaz et du pétrole conventionnels. D’ailleurs, pas plus qu’il y a quatre jours, nous avons fait une grosse découverte d’un important gisement de pétrole à Touggourt. Mieux, il y a quelques semaines, Sonatrach a fait une autre découverte de pétrole à Ghardaïa et à El-Bayadh.

Dans un autre registre, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a appelé à préserver l’unité et la souveraineté nationales, soulignant l’attachement du peuple algérien à ses constantes que sont l’islam, l’arabité et l’amazighité. «Nous devons, aujourd’hui, préserver l’unité nationale», a insisté M. Sellal, en rappelant que «l’Algérie est souveraine dans ses décisions économiques et politiques; nul ne saurait lui dicter les décisions» à prendre. Evoquant la situation que traverse le pays, le Premier ministre a précisé que «certains cherchent à dresser les Algériens les uns contre les autres en jouant sur la fibre régionaliste pour attenter à l’unité nationale». «Certains ont tenté vainement d’attiser la fitna dans le Nord, puis dans le Sud à Ghardaïa, Ouargla et Djanet», a-t-il ajouté. «Après ces échecs successifs, ils s’essayent maintenant à In Salah, mais leur entreprise n’aboutira pas car le peuple algérien est uni et «l’Algérie est aujourd’hui un pays stable qui exporte la paix et la sécurité», a encore assuré le Premier ministre. Ces manœuvres «ne pourront jamais remettre en cause l’authenticité du peuple algérien connu pour sa diversité culturelle, son attachement à l’islam, mais aussi par la sagesse des habitants du Sud», a-t-il affirmé, appelant à préserver ces spécificités.

Rappelant les épreuves que le pays a traversées dans les années 90 en raison des «tentatives d’instrumentaliser la religion et de semer la fitna», M. Sellal a souligné que «le peuple algérien a vaincu, seul, le terrorisme grâce à la détermination des hommes et à la politique de la réconciliation nationale initiée par le président de la République».