70 430 usines polluantes

La ministre de l’Environnement et des Énergies renouvelables le souligne

70 430 usines polluantes

Liberté, 2 novembre 2017

La ministre de l’Environnement et des Énergies renouvelables, Fatima Zohra Zerouati, a révélé, lors de son passage devant la commission des finances et du budget du Parlement, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances 2018, qu’il existe 70 430 usines polluantes en Algérie. Elle a ainsi fait savoir que les opérations d’inspection au niveau des entreprises économiques, effectuées durant les années précédentes, ont fait ressortir une augmentation des usines polluantes. En chiffres, 70 430 usines polluent la nature en Algérie. Elles sont réparties comme suit : 30 539 unités à l’est du pays, 24 622 au Centre et 9 538 à l’Ouest et 5 731 au Sud. La ministre souligne que ces unités industrielles doivent s’engager à réduire la pollution dans les délais fixés sous peine de sanctions édictées par la loi. Autre donnée : le taux d’exploitation des déchets ménagers est marginal, il ne dépasse pas les 5%. Le pays recèle ainsi un gisement de valeur encore inexploité, estimé à 100 milliards de dinars, soit un milliard de dollars, selon la ministre de l’Environnement et des Énergies renouvelables. Elle a ajouté qu’en volume, les déchets ménagers produits en Algérie se chiffrent à 13 millions de tonnes/an. Évidemment, ces quantités vont augmenter à l’avenir. En tenant compte de la croissance démographique, elles passeront, à l’horizon 2035, à 20 millions de tonnes/an. Elles correspondront, en valeur, à 136 milliards de dinars, soit plus de 13 milliards de dollars. La ministre s’est attardée sur le fait que la plupart des déchets ménagers (sous toutes leurs formes) sont en dehors du processus de récupération, de valorisation et de recyclage ; cette situation est préoccupante, et ce serait un gâchis d’en rester là. Que faire alors ? Mme Zerouati a appelé à développer le partenariat entre entreprises privées et publiques dont le but est de promouvoir l’économie de recyclage, une priorité nationale, selon la ministre. Il est nécessaire, a-t-elle dit, d’encourager ce secteur en vue d’organiser, d’encadrer et de structurer le marché de recyclage qui pourrait créer des milliers de postes d’emploi. Nous devons, a-t-elle poursuivi, procéder, à l’avenir, à recycler tout ce que nous consommons pour faire du recyclage un secteur économique producteur de richesses. Mais quels sont les produits à recycler en priorité ? Pour Mme Zerouati, il faut accorder de l’importance au recyclage des déchets spéciaux : huiles usées, pneus, batteries, déchets des équipements électroniques et électriques. Par ailleurs, la ministre de l’Environnement et des Énergies renouvelables semble avoir mis le doigt sur les sources de pollution et promet de les éliminer. Au chapitre des énergies renouvelables, elle a précisé que la mission de son département ministériel s’articule essentiellement autour de la promotion de cette filière et la recherche de moyens pour la développer sans intervenir dans les projets de raccordement au réseau national d’électricité qui relève de la compétence du ministère de l’Énergie. Voilà qui est clair. Mme Zerouati a, par ailleurs, souligné que l’Algérie confirmera ses engagements à l’Accord de Paris lors du sommet de Bonn sur le climat, prévu du 6 au 17 novembre. En outre, le pays s’engagera, a-t-elle ajouté, dans le cadre de cet accord à réduire les émissions des gaz polluants à 7% à l’horizon 2030. Mme Zerouati a souligné que tous les départements ministériels ont entamé l’installation du cadre organisationnel nécessaire pour concrétiser ce but environnemental.

Youcef Salami