Youcef Yousfi affirme la disposition de l’Algérie à un «partenariat» avec le projet Desertec

Youcef Yousfi affirme la disposition de l’Algérie à un «partenariat» avec le projet Desertec

Boualem Alami, Maghreb Emergent, 20 Mai 2011

L’Algérie est disposée à un « partenariat durable » avec les promoteurs de Desertec mais maintient sa position initiale vis-à-vis de ce projet de production d’énergie solaire. C’est ce qu’a affirmé hier jeudi le ministre de l’Energie et des Mines, Youcef Yousfi, qui recevait le patron de Desertec Industrial Initiative, Paul Van Son. Le partenaire algérien du projet sera le groupe algérien Sonelgaz, a-t-il annoncé.

Recevant à Alger le PDG de Desertec Industrial Initiative, Paul Van Son, le ministre algérien de l’Energie et des Mines, Youcef Yousfi, a annoncé que l’Algérie était prête à « entamer une coopération fondée sur un partenariat à long terme » avec les concepteurs de ce projet. Il n’en a pas moins maintenu les réserves algériennes. « Le partenariat doit permettre à l’Algérie d’accéder aux marchés extérieurs pour l’exportation de l’électricité », a-t- déclaré annonçant que le partenaire de Desertec sera le groupe Sonelgaz et que les deux entités devant élaborer un projet d’accord de coopération.

Ce partenariat, a rappelé, par ailleurs, un communiqué du ministère de l’Energie et des Mines, « doit également intégrer impérativement la fabrication des équipements industriels en Algérie, la réalisation de futures centrales solaires, la formation et la recherche développement avec les centres de recherches et laboratoires algériens ».

« Le Oui, mais » de Bouteflika

La visite du président Bouteflika en Allemagne en décembre dernier avait assoupli la position algérienne vis-à-vis de Desertec. A Berlin, devant la chancelière allemande Angela Merkel, il avait déclaré : « Nous travaillerons dans les énergies nouvelles à travers un projet colossal, qui s’appelle Desertec, que nous allons approfondir d’un commun accord. »

D’un montant de 400 milliards d’euros, le projet initié en 2009 par une douzaine d’entreprises, dont la majorité est allemande, porte sur la réalisation d’un réseau de centrales solaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Il ambitionne de couvrir, vers 2030, 15% des besoins énergétiques de l’Europe et « une part considérable » de ceux des pays producteurs.

Le programme algérien de développement des énergies nouvelles et renouvelables et de l’efficacité énergétique pour la période 2011-2030 a été adopté par le gouvernement en date du 3 février 2011. Il y est inscrit que l’Algérie projette de produire 40% de son électricité à l’horizon 2030 à partir des énergies renouvelables et de se positionner ainsi comme fournisseur majeur d’électricité « verte » au marché européen, avec un objectif d’exportation de 10.000 MW à la même échéance.