Suez demande un autre contrat à Alger

Le ministère des ressources en eau ne semble pas intéressé par l’idée

Suez demande un autre contrat à Alger

El Watan, 29 septembre 2009

L’entreprise française Suez Environnement a officiellement demandé le renouvellement du contrat de gestion déléguée des eaux d’Alger qu’elle avait signé avec les autorités algériennes en 2006.

C’est ce qu’a confirmé le ministre des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal. « L’entreprise Suez a demandé le renouvellement de ce contrat », a-t-il déclaré en marge de sa visite de travail, effectuée hier dans la wilaya de Tizi Ouzou. La réponse du ministère à cette sollicitation était diplomatique. Sans signifier clairement l’opposition du gouvernement à cette idée, le premier responsable du secteur de l’hydraulique a invité les responsables de Suez à patienter jusqu’à l’expiration de l’actuel bail. « La réponse du ministère était claire : nous avons dit aux responsables de Suez que la décision ne pourrait être prise avant la fin du contrat actuel. A la fin du contrat, nous allons faire une évaluation objective du travail accompli. A la lumière de cette évaluation, le gouvernement prendra une décision, en prenant en considération l’intérêt du pays et les moyens financiers dont nous disposons », a-t-il expliqué. Dans une récente déclaration, Abdelmalek Sellal avait affirmé « que le gouvernement n’envisage pas une telle éventualité ». Selon lui, la gestion déléguée des eaux de la capitale devrait être assumée, à l’avenir, par des cadres algériens qui devraient être formés dans le cadre de l’actuel contrat qui expirera en 2011. Le ministre reconnaît toutefois que l’alimentation en eau potable des habitants d’Alger « s’est nettement améliorée ». Selon le ministre, le problème dont souffre le secteur de l’eau en Algérie est le manque de gestion. D’où, dit-il, la décision de créer une école nationale de management de l’eau. « L’école sera lancée en partenariat avec les entreprises espagnole et française chargées de la gestion déléguée des eaux d’Oran et de Constantine. EIle devra former les cadres et les ingénieurs du secteur », a-t-il annoncé.

Revenant sur la question du transfert d’eau In Salah-Tamanrasset, le ministre affirme que le projet est réalisé à hauteur de 60%. « Le problème qui se pose actuellement consiste dans la réalisation des six stations de pompage nécessaires à ce projet », a-t-il souligné. L’équipement sera, indique-t-il, acquis auprès d’un opérateur finlandais. Concernant le transfert d’eau du Sahara septentrional vers les Hauts-Plateaux, l’orateur affirme que les études de faisabilité du projet ont été finalisées. « Une étude a été lancée pour réaliser l’un des grands transferts qui se fera à partir du nord d’El Goléa vers Djelfa, M’sila et Tiaret », a-t-il insisté. Ce chantier vise, selon lui, à transférer 600 millions de m3 d’eau/an qui seront destinés à couvrir les besoins de l’agriculture dans la région des Hauts-Plateaux. A Tizi Ouzou, le ministre a procédé à l’inspection du site sur lequel sera construit le barrage de Souk Tlata d’une capacité de 150 millions de métres cubes. Une fois réalisé, ce projet sera « d’un apport considérable pour Tizi Ouzou et Boumerdès ». Sur place, le ministre a invité les responsables locaux à résoudre le problème d’expropriation en négociant avec les quelque 200 familles concernées. Ces dernières devront choisir entre une indemnisation ou de bénéficier de nouveaux logements. Avec la finalisation de tous les projets en cours de réalisation, la wilaya de Tizi Ouzou, a-t-il expliqué, « ne connaîtra plus de problème d’eau ».

Par Madjid Makedhi