40.000 milliards de m3 de réserves en eau dans le Sahara40.000 milliards de m3 de réserves en eau dans le Sahara

POTABLE MAIS NON RENOUVELABLE

40.000 milliards de m3 de réserves en eau dans le Sahara

Le Quotidien d’Oran, 30 janvier 2006

Le ministre des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal, qui se trouve depuis hier à l’Ouest du pays pour une visite de travail dans les wilayas de Saïda, Naâma et Tlemcen a déclaré à la radio nationale que les réserves en eau potable du Sahara sont estimées, selon de récentes études, à 40.000 milliards de m3.

Il a aussi tenu à préciser que cette eau est potable et se trouve en abondance. Le ministre a expliqué, dans ce contexte, qu’il existait dans le Sahara deux sortes de gisements d’eau: un «albien terminal» et un «albien intercalaire». L’albien terminal qui se trouve entièrement dans les régions de Tidikelt, El-Menéa, Adrar et Ghardaïa, contient des eaux pures qui se trouvent à de petites profondeurs de la surface. L’exploitation de l’eau de ce gisement n’est pas onéreuse et peut même être destinée à l’approvisionnement des villes du Nord, particulièrement Alger, située à 500 kilomètres de ce gisement. Le deuxième gisement «albien intercalaire» s’étend sur une superficie de 7.000 km² et englobe outre l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Il contient des eaux profondes et chaudes qui sont actuellement exploitées depuis 1991 par la Libye. En 1984, ce pays avait lancé un ambitieux projet pour la réalisation d’un grand fleuve artificiel pour acheminer l’eau de ce gisement vers les régions du Nord.

Le ministre avait également déclaré que ces réserves en eau «même si elles ne sont pas renouvelables, pourront assurer l’alimentation en eau du Sud algérien et permettre son développement».

En avril 2005, l’Algérie, la Tunisie et la Libye avaient décidé de mettre en place un mécanisme de gestion concertée de leurs ressources en eaux profondes dans le cadre d’un projet de l’Observatoire du Sahel et du Sahara (OSS), organisme international oeuvrant dans le cadre de la lutte contre la désertification et la pauvreté en Afrique.

Dans la wilaya de Saïda, le ministre a inspecté, hier, plusieurs projets de son secteur destinés au renforcement et à l’amélioration de l’approvisionnement des populations en eau potable. Il s’est rendu en premier à la zone «Amar» dans la commune de Maâmoura, daïra de Hassassna, où il a reçu des explications sur la situation d’approvisionnement du groupement urbain de Saïda à partir du Chott Chergui, situé à Aïn Skhouna, en eau potable.

Les eaux de cette nappe sont exploitées sur une longueur de 100 km, depuis deux années, avec un débit de 500 litres/seconde et 900 litres/s destinés notamment à l’irrigation des terres de mise en valeur agricole inscrites dans le cadre des programmes de développement régional. Cette nappe phréatique compte, selon les services de l’hydraulique, 1,7 m3/s ce qui a permis aux pouvoirs publics d’opter pour le transfert d’une partie de cette ressource hydrique importante pour approvisionner plus des deux tiers de la population de la wilaya de Saïda à moyen et long termes dans le cadre d’un projet d’un coût de 16,2 millions de DA.

Outre la satisfaction des besoins locaux en eau potable, ce projet a permis la protection de la nappe d’eaux minérales de Saïda, en contribuant à lutter contre la surexploitation des eaux souterraines à des fins économiques.

Pour protéger les eaux de cette nappe, dont les estimations de son débit dépassent, selon la direction de l’hydraulique, les 40 millions de m3, contre l’exploitation illicite, le ministre a décidé de créer une nouvelle structure à Saïda pour prendre en charge la gestion de cette ressource hydrique avant de donner le feu vert pour la réalisation d’un réservoir d’une capacité de 10.000 m3, au titre du programme de développement des hauts plateaux, au niveau de la localité «Amar», dans la commune de Maâmoura.

Entre autres dispositions prises sur place, le ministre a confié la gestion du transfert des eaux du Chott Chergui à la Direction de l’hydraulique de la wilaya de Saïda à partir du 1er mars prochain au lieu de l’Entreprise publique de distribution des eaux domestiques, industrielles et d’assainissement (EPDEMIA) en vue de pallier certaines lacunes.

Sofiane M.