40% de l’eau potable part en perte

ABDELKADER OUALI TIRE LA SONNETTE D’ALARME

40% de l’eau potable part en perte

Le Soir d’Algérie, 18 septembre 2016

La déperdition de l’eau à travers ses différentes formes, soit le piquage illicite, les fuites visibles et invisibles, les canalisations non entretenues… constitue près de 40% de la ressource hydrique en Algérie. C’est le ministre des Ressources en eau et de l’Environnement qui l’a annoncé hier, en s’engageant de «mener une bataille sans relâche» contre ce phénomène.
Abder Bettache – Alger (Le Soir) – En marge du regroupement des cadres du secteur des ressources en eau et de l’environnement durant deux jours au siège de son département, Abdelkader Ouali a plaidé pour «la réhabilitation et le renforcement du service de l’eau», qui constitue, selon lui, «une question fondamentale». Pour le ministre des Ressources en eau, on ne peu parler d’une «bonne gestion» ou encore «d’une meilleure prise en charge du secteur de l’eau» si «le phénomène de la déperdition n’est pas réglé définitivement, voire éradiqué».
Pour faire face à cette situation, le premier responsable du secteur de l’eau a lancé «un appel pour plus de surveillance, d’entretien et d’assainissement du secteur de l’eau à travers la mise en place d’une réelle feuille de route pour les prochaines années ». C’est d’ailleurs l’objectif de ce regroupement qui sera sanctionné aujourd’hui par des recommandations des résultats des travaux de cinq ateliers.
Par ailleurs, des commissions de wilaya, composées de différents intervenants dans la mobilisation, la distribution et l’assainissement de l’eau, seront créées pour assurer la surveillance de la disponibilité et du service de l’eau et de l’assainissement. Selon le ministre des Ressources en eau, des équipes de contrôle et de surveillance seront mobilisées sur le terrain pour observer et enregistrer tout dysfonctionnement tels les fuites et les piquages illicites, afin de mieux lutter contre le gaspillage de l’eau et de la préserver. En outre, le secteur prévoit de favoriser l’entretien et les équipements de modernisation des réseaux de distribution de l’eau et d’assainissement dans les prochains budgets. Par ailleurs, M. Abdelkader Ouali a indiqué que «le gouvernement a décidé de renouveler le contrat de gestion déléguée des services de l’eau et d’assainissement des wilayas d’Alger et de Tipasa avec la société française Suez Environnement».
Interrogé par la presse si le contrat, arrivé à expiration en août dernier, allait être renouvelé, le ministre a répondu par l’affirmative en précisant que la durée de ce partenariat sera de 2 années. Signé en 2005 sous forme de gré à gré, le contrat de gestion déléguée du réseau d’alimentation en eau potable (AEP) et celui d’assainissement de la capitale et de la wilaya de Tipasa avait été renouvelé en 2011 avec une date d’expiration prévue pour août 2016. Ce contrat avait permis la création de la Société des eaux et d’assainissement d’Alger (Seaal) de droit algérien dont les actions sont réparties entre l’Algérienne des eaux (ADE), l’Office national de l’assainissement (ONA) et Suez Environnement.
Ces trois partenaires se sont associés pour fournir à Alger des services d’eau, d’assainissement et de gestion de la clientèle équivalents aux référentiels internationaux, avec un objectif consistant à offrir aux usagers un accès à l’eau potable 24h/24 sur 7j/7 et à améliorer significativement le service d’assainissement de la ville, ainsi que le transfert de savoir-faire de Suez Environnement aux équipes de Seaal.
A. B.