Les catégories sociales à faible consommation épargnées: L’eau coûtera plus cher

Les catégories sociales à faible consommation épargnées: L’eau coûtera plus cher

par Abdelkrim Zerzouri, Le Quotidien d’Oran, 8 février 2017

Après avoir annoncé au mois de décembre dernier qu’une réflexion est engagée sur la révision de la tarification de consommation d’eau potable, sans toucher à de larges couches de la société, le ministre des Ressources en eau et de l’Environnement, Abdelkader Ouali, revient sur ce dossier d’une voix plus affirmative en déclarant que les tarifs du service d’eau potable ainsi que les tarifs afférents à l’eau à usage industriel vont être modifiés pour être revus à la hausse.

Intervenant, hier, à l’émission l’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la radio nationale, M. Ouali signale que l’application de cette nouvelle tarification a été étudiée de manière à «épargner» les quelque 18 millions d’Algériens ne consommant «pas plus» de 25 mètres cubes par trimestre, laissant clairement entendre qu’au-delà de ce seuil des 25m3, les abonnés auront à s’acquitter d’un montant supplémentaire, compte tenu du principe, dit-il, du «Qui consomme plus, paye plus». Selon les chiffres en possession du ministère des Ressources en eau, un taux de 52% d’abonnés relève des catégories sociales dont la consommation moyenne ne dépasse pas les 25m3 d’eau/trimestre. La politique «sociale» est donc toujours de mise, mais uniquement pour les foyers qui ne consomment pas trop d’eau, pas plus de 25m3 par trimestre.

Pour les autres, soit 48% des abonnés, les tarifs connaîtront des hausses au prorata des niveaux de consommation (à partir du seuil des 25m3), presque le même procédé suivi dans la tarification de l’énergie électrique. Le ministre indiquera dans ce sillage qu’un autre mode de tarification sera appliqué aux secteurs de l’industrie, du tourisme et aux commerces gros consommateurs d’eau, à l’exemple des limonaderies, des douches publiques et autres lieux de lavage de véhicules. Le ministre, qui a affirmé il y a quelques semaines que le «secteur national des ressources en eau fait partie des secteurs qui ne seront pas touchés par la mesure de gel des projets», a justifié cette prochaine hausse par le coût d’exploitation de cette ressource dont le prix, dit-il, est de 70 dinars le litre, lequel est «revendu à 6 dinars 30». Pour mémoire, l’eau est devenue plus chère depuis le mois de décembre 2014, lorsque le Conseil avait, à l’époque, examiné et adopté deux décrets exécutifs portant relèvement des tarifs du service d’eau potable et d’assainissement et de distribution, ainsi que des tarifs afférents à l’eau à usage agricole et industriel. Non sans souligner parallèlement que dans le souci de préserver le pouvoir d’achat des ménages et les conditions d’activité des agents économiques, il a été décidé d’opérer un relèvement des tarifs de manière graduelle et étalée au fil des années à venir. Donc, l’eau coûte plus cher depuis 2014…et elle sera plus chère encore en 2018, ainsi que les années suivantes. Cependant, la précision mérite d’être soulignée, au mois de décembre 2014, le décret exécutif adopté fixe une consommation moyenne à 40m3, et indexant de ce fait les hausses à partir de ce niveau moyen de la consommation des ménages, alors qu’en 2017 la hausse est indexée à partir d’une consommation de 25m3, nouvelle moyenne de référence. En termes arithmétiques, c’est un ménage sur 10 qui rejoint, en trois ans, la catégorie «Qui consomme plus,….».