35e jour de l’agression sioniste: Plusieurs hôpitaux bombardés à Ghaza

Mohamed Mehdi, Le Quotidien d’Oran, 11 novembre 2023

Hier et avant-hier, l’aviation sioniste a accentué ses bombardements contre les structures sanitaires de Ghaza, en particulier l’hôpital ‘Echifaa’. Pas moins de 13 martyrs sont tombés hier dans les bombardements de l’hôpital ‘Echifaa’, ainsi que des dizaines de blessés, selon un bilan établi vendredi matin. Les bombardements de cet hôpital ont commencé jeudi soir. Des vidéos diffusées par la chaine ‘Al Jazeera’ montrent l’ampleur des explosions et les dégâts humains et matériels provoqués.

A Ghaza, le bilan établi, jeudi en fin de journée, fait état de 11078 martyrs, 2.650 personnes portées disparues sous les décombres, et environ 28.500 blessés depuis le début de l’agression sioniste contre la bande de Ghaza et la Cisjordanie occupée, a annoncé le ministère palestinien de la Santé. Parmi les 10.966 martyrs, 4412 sont des enfants, indique la même source. Par ailleurs, et selon le Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme (UNHCR), «environ 4.800 enfants ont été tués à Ghaza en un mois». Volker Türk, qui s’exprimait hier lors d’une conférence de presse à Amman, a précisé que «beaucoup (d’enfants) sont encore coincés sous les décombres», appelant l’entité sioniste à «cesser immédiatement d’utiliser des armes destructrices dans les zones résidentielles de Ghaza». «Les attaques israéliennes contre les hôpitaux de Gaza et des environs doivent cesser. Il n’existe aucun endroit sûr à Ghaza et toutes les formes de punition collective contre les civils doivent cesser. Israël doit cesser de prendre pour cible les civils à Ghaza et mettre fin au siège qui leur est actuellement imposé», a ajouté le premier responsable du UNHCR.

A propos des bombardements d’hôpitaux, Human Rights Watch (HRW) a affirmé hier que «les dirigeants du monde entier devraient exhorter Israël à protéger les civils, infrastructures civiles et à ne pas mener d’attaques illégales». Citée par Al Jazeera, HRW affirme: «Israël n’a fourni aucune preuve que l’ambulance qu’il a récemment ciblée transportait des combattants palestiniens». «Nous n’avons rien trouvé pour confirmer les affirmations de l’armée israélienne selon lesquelles le quartier général de la direction du Hamas se trouve sous l’hôpital Al-Shifa. Toutes les parties à un conflit sont tenues de prendre, à tout moment, des précautions pour protéger les civils lors de leurs opérations militaires», ajoute HRW. Par ailleurs, selon le ministère de la Santé à Ghaza «18 des 35 hôpitaux ont cessé de fonctionner en raison des bombardements sionistes et de la pénurie de carburant», précisant que ce bilan «est toujours provisoire» étant donné que les bombardements continuent et que la Communauté internationale ne veut pas exercer des pressions sur l’entité sioniste pour faire entrer du carburant nécessaire pour faire fonctionner les générateurs électriques des hôpitaux. A propos de carburant, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a estimé, hier, qu’il n’y avait «aucune mesure sérieuse pour approvisionner les hôpitaux de Ghaza». Selon le directeur régional de l’OMS, «l’ampleur des besoins à Ghaza dépasse de loin ce qui est acheminé» à travers le point de passage de Rafah. «Nous allons perdre des centaines de milliers de personnes innocentes à cause de la persistance à attaquer Ghaza», a ajouté le même responsable.

UNRWA : Plus de 100 employés tués depuis le 7 octobre

L’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) a déclaré, jeudi, que plus de 100 de ses employés ont été tués dans la bande de Ghaza depuis le début de l’agression sioniste, le 7 octobre. «Le mois dernier a été douloureux pour l’UNRWA», a déclaré le commissaire général de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, lors de la Conférence humanitaire internationale sur Ghaza. «Plus de 100 de mes collègues, hommes et femmes, ont été tués à Ghaza. C’est de loin le plus grand nombre de travailleurs humanitaires des Nations unies tués dans un conflit en si peu de temps», a ajouté Lazzarini, précisant que pousser un million de personnes à quitter leurs foyers et les concentrer dans des zones dépourvues d’infrastructures adéquates constitue un «déplacement forcé» et que restreindre sévèrement la nourriture, l’eau et les médicaments est une «punition collective». Lazzarini a déclaré que «plus de 700.000 personnes déplacées vivent dans des conditions humiliantes similaires dans 150 écoles et bâtiments de l’UNRWA à travers la bande de Ghaza. Nos abris sont surpeuplés, avec peu de nourriture, d’eau et d’intimité». «Les conditions sanitaires épouvantables représentent une menace imminente pour la santé publique, a prévenu le même responsable.

De son côté, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a annoncé que 50% des habitations à Ghaza ont été détruits sous les bombardements et que «96% des habitants ne peuvent pas accéder aux services de base et souffrent d’une pauvreté multidimensionnelle».

Insensibles à la tragédie : Les USA toujours opposés à un cessez-le-feu

Devant une situation humanitaire catastrophique à Ghaza, de l’aveu même de toutes les organisations de l’ONU et de la Croix rouge internationale (CICR), l’Administration américaine du président Joe Biden, continue à refuser un cessez-le-feu préférant parler de «trêve humanitaire de quelques heurs par jour», et sans même appeler son allié sioniste à cesser de cibler les hôpitaux et leurs environs immédiats.

Dans une déclaration à Al Jazeera hier, le chef du département Moyen-Orient du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (UNHCR) a déclaré, pour décrire la situation à Ghaza: «Nous n’avons jamais vu une telle catastrophe humanitaire dans l’histoire moderne». «Nous appelons à faire pression sur Israël pour qu’il accepte un cessez-le-feu. Nous avons appelé à la fin de la guerre à Ghaza, et non pas à une trêve humanitaire», a-t-il ajouté. Le Directeur des hôpitaux de la bande de Ghaza décrit une véritable tragédie. «Pas d’eau, pas de nourriture, et pas d’électricité, la situation est catastrophique. Dans de nombreux hôpitaux, des dizaines d’enfants risquent la mort à cause de pannes de courant», a-t-il déclaré, hier en fin de matinée.

«Tous les hôpitaux de la bande de Gaza sont soumis aux bombardements israéliens continus. Nous ne sommes pas en mesure de fournir nos services aux blessés. L’hôpital Al-Quds est soumis aux bombardements israéliens continus et nous ne connaissons pas le sort de tous ceux qui s’y trouvent. Nous ne sommes plus en mesure de communiquer avec l’hôpital Al-Quds en raison des bombardements israéliens en cours», a ajouté le Directeur des hôpitaux au ministère de la Santé.

Amnesty : Détenus palestiniens torturés en Israël

«Les autorités israéliennes ont considérablement accru leur recours à la détention administrative, une forme de détention arbitraire, contre des Palestiniens et Palestiniennes en Cisjordanie occupée, ont renouvelé les mesures d’urgence favorisant les traitements inhumains et dégradants de détenus et n’ont mené aucune enquête sur les cas de torture et les morts en détention au cours des quatre dernières semaines», a déclaré Amnesty International (AI) le 8 novembre 2023. Selon l’ONG, depuis le 7 octobre, en Cisjordanie et dans les territoires palestiniens de 1948, «les forces israéliennes ont placé plus de 2.200 hommes et femmes palestiniens en détention», affirme AI citant la Société des prisonniers palestiniens. «D’après l’organisation israélienne de défense des droits humains HaMocked, entre le 1er octobre et le 1er novembre, le nombre total de Palestiniens et Palestiniennes maintenus en détention administrative, sans inculpation ni procès est passé de 1.319 à 2.070», ajoute Amnesty. Le document fait état de «déclarations de personnes ayant été détenues puis libérées, ainsi que des vidéos et des photos» témoignant de «certaines des formes de torture et d’autres mauvais traitements auxquels ont été soumis des détenus aux mains des forces israéliennes ces quatre dernières semaines». «Des détenues ont, entre autres, été rouées de coups et huemiliées, et notamment forcées à garder la tête baissée, à s’agenouiller au sol et à chanter des chansons israéliennes», lit-on dans le communiqué rendu public hier. «La détention administrative est l’un des outils clés employés par Israël pour appliquer son système d’apartheid contre la population palestinienne. Des témoignages et des enregistrements vidéos révèlent également plusieurs cas de torture et d’autres mauvais traitements infligés par les forces israéliennes, notamment des coups violents et des humiliations délibérées auxquels ont été soumis des Palestiniens et Palestiniennes détenus dans des conditions déplorables», a déclaré Heba Morayef, directrice régionale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.