Salaire des fonctionnaires algériens : les « vérités » d’un député

L.B., TSA, 14 novembre 2022

Un député vient de pousser un véritable coup de gueule à l’Assemblée populaire nationale (APN). Motif de sa colère? Les salaires des fonctionnaires algériens.

« Le problème est qu’un fonctionnaire continue de gagner aujourd’hui 30.000 DA ou 29.000 DA, alors que des personnes qui n’ont même pas le bac, et qui ne sont pas allés à l’université, peuvent toucher jusqu’à 90.000 DA en étant employés à la Casoral, à Naftal ou dans des banques (en tant qu’agents de sécurité) », a-t-il regretté.

Selon lui, cet exemple illustre « la réalité de ce qu’est la justice sociale dans le pays ».

« Un chauffeur à Sonatrach gagne 230.000 dinars »

S’exprimant au sujet des incohérences et des « injustices » salariales relevées en Algérie, il a ajouté : « Un médecin généraliste qui a passé des années et des années à étudier commence sa carrière avec un salaire de 70.000 DA, alors qu’une personne qui s’est fait renvoyer de l’école, et qui a à peine le niveau de terminale ou de deuxième année secondaire, peut gagner jusqu’à 90.000 DA en tant qu’agent de sécurité dans une banque ».

« Je connais une personne qui travaille en tant que chauffeur à Sonatrach et qui touche 230.000 DA. Où est la justice sociale ? », a demandé le député.

Avant d’ajouter : « Que voulez-vous que ces gens (fonctionnaires) fassent ? Ils voient à longueur de journée des gens qui ont un niveau largement inférieur au leur gagner beaucoup plus qu’eux ».

Selon ce député, le salaire des fonctionnaires algériens est « tellement bas », qu’il est aujourd’hui « permis » de leur verser la zakat.

« Il y a eu une fatwa récemment. Les savants ont indiqué qu’il est tout à fait permis de verser la zakat aux fonctionnaires », a-t-il affirmé.

Sur les réseaux sociaux, l’intervention de ce député a divisé les internautes. D’un côté, il y a ceux qui le saluent pour avoir « enfin osé dire à haute voix » ce qui se passe dans les entreprises du pays. De l’autre, certains l’accusent de populisme.

« C’est tout à fait vrai. Je travaille dans une entreprise publique. Le chauffeur de mon entreprise gagne beaucoup plus que moi, alors qu’il n’a même pas le bac », a écrit une internaute sur Twitter.

« C’est la même chose dans la société dans laquelle je travaille. Je gagne à peine 30.000 DA, alors que l’agent de sécurité touche le double », lui a répondu un autre internaute.

« C’est du populisme. La question n’est pas tant de savoir combien gagnent les chauffeurs ou les agents de sécurité, mais plutôt que font ces députés pour que la situation des fonctionnaires s’améliore ? Que proposent-ils ? On attend depuis toujours leurs propositions. Il ne suffit pas de parler, il faudrait agir », a notamment écrit un internaute.