16 walis et 3 walis délégués limogés : opération déminage au niveau des collectivités

Ali. T., Maghreb Emergent, 15 septembre 2022

Quelques jours seulement après un remaniement ministériel peu porteur des grands changements attendus, le chef de l’État a opéré, mercredi, un vaste mouvement dans le corps des walis et des walis délégués.

Seize walis et trois walis délégués ont été ainsi limogés, tandis que 10 autres walis et un wali délégué ont été mutés. Plusieurs ministres du gouvernement Benabderrahmane sont restés. C’est plutôt l’heure des changements dans le corps des walis et des walis délégués qui a sonné. Ces changements devraient permettre de clore ce qui s’apparente à une longue période de flottement dans la gestion des wilayas.

Les walis partants paient probablement pour avoir très peu investi dans la levée des contraintes à l’investissement et à la relance de l’économie. Plus tôt cette semaine, la question de la relance de l’économie s’est à nouveau invitée au dernier conseil des ministres durant lequel le chef de l’Etat a explicitement appelé son nouveau gouvernement à inscrire en crayon-feutre le défi de la relance de l’économie dans sa déclaration de politique générale.

Ce vaste mouvement dans le corps des walis et des walis délégués intervient également une année après la réunion gouvernement-walis qui était dédiée, faut-il le rappeler, à la relance de l’économie et à la facilitation de l’acte d’investir. Durant cette réunion, le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a sermonné les walis sur la nécessité de faciliter l’acte d’investir pour pouvoir affranchir l’économie du pays du statu quo dans lequel elle s’était embourbée. Le Président avait également plaidé alors en faveur de la débureaucratisation de l’économie et de la dépénalisation de l’acte de gestion.

Crise de signature…

« Signez lorsque le citoyen est en droit et même s’il y a des erreurs dans la prise de décision, cela s’expliquerait par un défaut dans la compréhension de la loi », avait ainsi déclaré Abdelmadjid Tebboune, en s’adressant aux walis. « Si l’investisseur n’était pas reçu par le wali et/ou par le fonctionnaire, il se fera éventuellement prendre dans le piège des intermédiaires », estime le chef de l’État, insistant sans relâche sur l’impératif de faciliter l’investissement.

C’est en ces termes que le chef de l’Etat s’est adressé aux walis et aux hauts fonctionnaires de l’Etat, voici maintenant une année. Il y aurait une nouvelle réunion gouvernement-wali qui se prépare. Celle-ci interviendrait juste après la présentation, par le Premier ministre, de la déclaration de politique générale de son gouvernement.

Sans attendre la tenue de cette réunion, le chef de l’Etat a décidé de limoger 16 walis et trois walis délégués et de muter une dizaine d’autres. La promotion de Brahim Merad, désormais ex-médiateur de la République, au poste de ministre de l’Intérieur et des collectivités locales et le limogeage de 16 walis et de trois walis délégués renseigne de cette place de choix que le chef de l’Etat tente de donner à l’investissement local.

Les choses ne semblent pas avancer au rythme voulu. Preuve en est qu’un tiers des walis est hors piste. Dans le jeu de chaises musicales qui a caractérisé le remaniement ministériel de la semaine dernière, la nomination de Brahim Merad au ministère de l’Intérieur et des collectivités locales, après avoir été investi durant de longs mois dans la débureaucratisation de l’acte d’investir au niveau des wilayas, constituait déjà la première pièce de ce puzzle en faveur de cette opération de déminage au niveau des collectivités locales. La crise de signature n’a pas cessé, semble-t-il, de bloquer l’acte d’entreprendre.