Justice : Les procès en appel de Saïd Bouteflika, Benhalima et Abdelhakim Akka renvoyés

Salima Tlemçani, El Watan, 22 août 2022

Le procès en appel de Saïd Bouteflika, frère et conseiller du défunt Président déchu, a été renvoyé hier par la chambre pénale près la cour d’Alger au 20 septembre prochain, en raison de l’absence de la défense de l’homme d’affaires Ali Haddad. La même juridiction a également reporté l’affaire liée au marché des bracelets électroniques, du fait de l’hospitalisation de l’ancien ministre de la Justice, Tayeb Louh, cité comme témoin.

Après le renvoi au 28 septembre prochain de deux procès de Mohamed Benhalima, sous-officier de l’Armée dont il a déserté les rangs, par la chambre pénale près la cour d’Alger, c’est au tour de Saïd Bouteflika, frère conseiller du défunt président déchu, de faire son apparition à l’audience. Très amaigri, un cartable à la main, il n’a cessé de scruter les présents dans la salle.

C’est la seconde fois qu’il comparaît devant la magistrate, après un premier renvoi. Les faits concernent la création de la chaîne de télévision privée «El Istimrariya» (La continuité), qui devait être, selon l’enquête judiciaire, dédiée à la campagne électorale d’avril 2019, pour un 5e mandat du défunt Président déchu, et dans laquelle est également poursuivi le patron de l’ETRHB, Ali Haddad.

Jugés par le pôle pénal financier près le tribunal de Sidi M’hamed, en début du mois de juin dernier, pour «trafic d’influence», «abus de fonction», «blanchiment d’argent» et «non-déclaration de biens», Saïd Bouteflika a été condamné à une peine de 8 ans de prison ferme assortie d’une amende de 3 millions de dinars, alors que l’homme d’affaires Ali Haddad a écopé d’une peine de 4 ans de prison ferme pour «blanchiment d’argent».

Le procureur avait, pour sa part, requis une peine maximale de 10 ans de prison contre les deux prévenus. Revenue après appel, cette affaire était hier au rôle de la chambre pénale près la cour d’Alger. Ali Haddad, qui comparaissait par visioconférence, était incapable de donner une explication à l’absence du collectif de sa défense à l’audience.

De ce fait, la présidente a décidé de renvoyer le procès au 20 septembre prochain, avant d’appeler l’ancien directeur général de la modernisation au ministère de la Justice, Abdelhakim Akka, et le directeur des finances au même département, Salim Laadaoui, condamnés au mois de juin dernier par le pôle économique et financier près le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, respectivement à 6 ans et 3 ans de prison ferme, pour l’affaire liée à l’acquisition auprès d’une société française, de 1000 bracelets électroniques.

Bracelets défectueux

L’enquête judiciaire avait révélé que sur les 1000 bracelets importés pour un montant de 18 millions de dinars, et placés sur des détenus en liberté conditionnelle, 864 étaient défectueux. Ils ne pouvaient plus être contrôlés à distance et s’ouvraient sans aucune difficulté.

L’enquête a également fait ressortir que 41 rapports ont été adressés à la chancellerie sur des problèmes de batteries, de verrouillage et de localisation à distance, après que de nombreux bénéficiaires de ces bracelets ont préféré les restituer pour éviter le risque d’une décision de mise en détention. Plus grave.

Selon l’enquête, la société française qui a obtenu le marché n’a jamais fabriqué de bracelets électroniques. Ceux arrivés en Algérie, selon toujours la même source, étaient en fait des pièces assemblées au niveau du bureau d’affaires de la société en question, qui employait à peine 5 travailleurs.

En plus des deux responsables cités plus haut, deux autres personnes, dont les représentants de la société française, sont poursuivies dans le dossier, alors que l’ancien ministre de la Justice, Tayeb Louh, est cité comme témoin. Et c’est en raison de son absence à l’audience du fait de son hospitalisation au CHU Mustapha Bacha, à Alger, que la juge a décidé du renvoi du procès au 4 septembre prochain.

Etant donné la période des congés des magistrats, de nombreux procès ont connu des renvois répétitifs. Il faut donc s’attendre à des audiences très chargées dès la reprise, prévue vers la fin du mois en cours.