Armée, détenus d’opinion… : ce qu’a dit Tebboune

TSA, 01 Août 2022

Le président Abdelmadjid Tebboune a fait plusieurs annonces lors de sa rencontre avec des médias nationaux qui a été diffusée dimanche soir sur l’ENTV.

« Initiative de rassemblement »

Il a indiqué que l’initiative de rassemblement serait le prolongement des lois de la Rahma, de la Concorde civile et de la Réconciliation nationale et toucherait tous les « fourvoyés qui ont fini par réaliser que leur avenir était assuré dans leur pays et non pas par certaines parties étrangères. »

Soulignant que cette initiative concernera également ceux qui « ont préféré s’éloigner pour avoir été maltraités », le président de la République a affirmé que les « tentatives de certaines parties hostiles à l’Algérie seront vouées à l’échec face à ce peuple vaillant et résistant », selon le compte rendu de l’agence officielle APS.

L’occasion était, également pour Tebboune de rappeler que « les adeptes de la période de transition et du cinquième mandat ont essuyé un échec, de même que ceux qui tentent d’ouvrir la voie à l’intervention étrangère en Algérie. A ceux-là je dis: ne perdez pas votre temps, car nous n’accepterons point cela et nous ne l’autoriserons jamais ».

« L’initiative de rassemblement sera le prolongement des lois de la Rahma, de la Concorde civile et de la Réconciliation nationale décrétées auparavant pour la prise en charge du dossier de la tragédie nationale », a rappelé le président Tebboune, précisant que ces trois initiatives étaient « limitées dans le temps et les délais pour en bénéficier, serrés ».

Cette initiative sera élaborée sous forme de projet de loi à soumettre au Parlement, étant « le véritable représentant du peuple », a-t-il poursuivi.

« Une armée pacifique »

L’Armée nationale populaire (ANP) est une « armée pacifique qui poursuit sa mission de protection de la patrie, en fidélité au message des chouhada », a déclaré le président Tebboune.

L’ANP est une « armée-nation et la nation est protégée par son armée, a-t-il dit. Notre armée est pacifique, n’a jamais dérogé aux us internationaux, et poursuit sa mission de protection de la patrie, en fidélité au message des chouhada ».

Evoquant le lien armée-peuple, le président de la République a assuré que « nous avons nos propres moyens, notre armée est forte et le peuple algérien, si fort, jouit de la fierté nationale et demeure attaché à l’unité nationale ».

Au sujet du défilé militaire organisé à l’occasion de la célébration du 60e anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale, le président de la République a considéré que ce défilé « s’inscrit dans les traditions des pays, à l’instar de l’Algérie, libérée d’ailleurs par la force armée et non par une indépendance offerte par quiconque ». L’Algérie a dû payer « un lourd tribut pour son indépendance, c’est-à-dire la vie de millions de martyrs », a-t-il rappelé.

L’organisation du défilé militaire est en fait un « retour à la source », et le peuple algérien « attendait un tel défilé depuis près de 30 ans », a-t-il souligné.

« Toutes les grandes puissances organisent de telles parades, à l’exemple de l’Algérie, un grand pays en Afrique et influent en Méditerranée, comme en témoignent plusieurs événements ».

Sommet arabe d’Alger

Le président Tebboune a indiqué que le prochain sommet arabe « sera un succès dans la mesure où l’Algérie n’a aucune autre intention derrière l’organisation de ce Sommet que d’œuvrer pour l’unification des rangs arabes ».

« Les dernières années ont connu une grande détérioration des relations et l’apparition de différends et de désaccords entre plusieurs pays arabes », a-t-il dit.

En dépit de ces différends, ajoute M. Tebboune, « tous les pays vont se retrouver en Algérie, qui n’a de problème avec aucun pays arabe et respecte tous les Etats », relevant « tout l’intérêt pour la Ouma arabe de se rencontrer en Algérie, qui est, de surcroît, la mieux placée pour unifier les rangs et mener des médiations pour régler certains différends ».

Evoquant la participation de la Syrie au Sommet d’Alger, le président de la République a indiqué que la présence de ce pays faisait l’objet d’une concertation entre les pays arabes, expliquant que « d’un point de vue juridique, la Syrie est considérée comme un des pays fondateurs de la Ligue arabe, et sa présence au Sommet serait tout à fait normale, mais d’un point de vue politique, il existe encore quelques différends ».

Le président Tebboune a fait état, dans ce sens, d’une « compréhension de la part des frères syriens qui affirment ne pas vouloir être une source de division des rangs plus qu’ils ne le sont déjà », relevant la poursuite des contacts entre les frères arabes concernant cette participation.

Enfin, le président de la République a souligné qu’en dépit de ces différends, « l’Algérie œuvre avec une ferme conviction à réaliser l’unité des frères arabes ».

Quant à la question palestinienne, le président de la République a révélé que l’Algérie œuvrait à abriter une réunion des factions palestiniennes avant le sommet arabe.

Tebboune a souligné que l’Algérie « jouit de toute la crédibilité » pour pouvoir réconcilier les factions palestiniennes, étant « le seul pays qui n’a pas de calculs étroits à ce propos, de même qu’il se tient aux côtés de l’Organisation de libération de la Palestine en tant qu’unique représentant légitime du peuple palestinien ».

« Sans unité et sans unification des rangs, l’indépendance de la Palestine ne saurait être réalisée », a affirmé le Président Tebboune.

Il a évoqué, par ailleurs, la confiance dont jouit l’Algérie auprès de toutes les parties palestiniennes, dont le mouvement Hamas, faisant état d’un travail en cours pour « organiser une conférence ou une rencontre de l’Organisation de libération de la Palestine en Algérie, et ce, avant la tenue du Sommet arabe, dans le souci de réussir à les réconcilier ».

Détenus d’opinion

Le président Abdelmadjid Tebboune, a affirmé qu’il n’y avait pas de détenus d’opinion en Algérie, soulignant que toute personne qui pratique la diffamation et l’insulte sera poursuivie et jugée conformément aux dispositions du droit commun.

« Il n’y a pas de détenus d’opinion en Algérie et la prétendue existence de ce genre de détenus relève du mensonge du siècle », a affirmé M. Tebboune.

Le chef de l’Etat a souligné que toute personne qui pratique l’insulte et la diffamation « doit être poursuivie et jugée conformément aux dispositions du droit commun et ce, quel que soit son statut », ajoutant que « l’immunité ne concerne que les élus parlementaires » et que celle-ci « peut même être levée dans certains cas », selon le compte rendu de l’agence officielle.

Il a expliqué que quel que soit le statut de la personne, rien ne lui confère le droit de porter atteinte et de dénigrer les institutions de l’Etat ou les symboles de l’Histoire du pays comme l’Emir Abdelkader.

Tout en affirmant que la liberté d’expression est garantie en Algérie, à condition qu’elle s’exerce dans un cadre civilisé, le Président Tebboune a ajouté que les opposants peuvent exprimer leurs points de vue mais, a-t-il dit, qu’ils soient des porte-voix de parties activant à l’étranger, ceci ne saurait être accepté.