Plus de 5 millions de diplômés depuis l’indépendance: Les nouveaux challenges de l’Université

A. Zerzouri, Le Quotidien d’Oran, 4 juillet 2022

Avec ses soixante ans d’existence, l’Université algérienne a fait un long chemin, dans la voie de la formation des jeunes générations et de la participation au développement du pays, en mettant à disposition des administrations et des entreprises une main-d’œuvre qualifiée, voire hautement qualifiée. « Nous avons formé plus de 5 millions de diplômés depuis l’indépendance. Aujourd’hui, nous travaillons sur l’amélioration de la qualité de la formation, de la recherche et de la gouvernance au sein de l’Université », a relevé, hier matin, M. Abdelbaki Benziane, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Intervenant sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, il a résumé ce bilan en précisant qu’au moment de l’indépendance, l’Université était obligée de répondre aux besoins socio-économiques grandissants.

« A cette époque, il y avait une seule université, celle d’Alger, avec ces deux annexes; une à Constantine et l’autre à Oran. Aujourd’hui, nous sommes passés à 111 établissements, dont 54 universités», dira-t-il.

Durant la même époque, poursuit M. Benziane, « nous avions seulement 82 enseignants permanents. Aujourd’hui, nous sommes à 33.000 ».

Quant au nombre d’étudiants, «nous sommes passés de 1.300 à 1.700.000 », indique-t-il, précisant que « grâce à ce nombre important, nous avons pu satisfaire le besoin en main-d’œuvre. » Selon le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, l’Université qui a affronté beaucoup de défis, dans son parcours, tant sur le plan politique que social et économique, est en phase de faire face à de nouveaux challenges, dont « la qualité de l’enseignement et l’employabilité », affirme-t-il, dévoilant que 400.000 employés sont formés entre les 3 cycles (Licence, Master, Doctorat, ndlr).

Non sans relever qu’en sus de la volonté de créer des opportunités d’emplois aux diplômés, le secteur de l’Enseignement supérieur les encourage à créer leur propre richesse à travers le dispositif dit des incubateurs. « Cette interface entre l’Université et le Secteur économique permet au diplômé de gérer sa propre richesse », affirme-t-il, ajoutant qu’« en l’espace de deux ans, nous sommes passés de 4 à 42 incubateurs au sein des universités ». Et de nombreux universitaires sont devenus des chefs d’entreprises, notamment grâce au dispositif Ansej, et recruté d’autres jeunes diplômés universitaires.

Mais beaucoup reste à faire sur ce plan, notamment en considération des milliers de jeunes diplômés qui arrivent, chaque année, sur le marché de l’emploi. Comme l’a préconisé M. Benziane, lors de précédentes sorties médiatiques, le plus grand défi pour le secteur de l’Enseignement supérieur consiste, actuellement, à élaborer une carte de formation au niveau des établissements universitaires adaptée à l’heure du numérique et d’une efficacité qui permette aux grands nombres de diplômés, annuellement formés, d’accéder à des emplois.