Investissement dans les hydrocarbures : L’américain Occidental Petroleum mise sur l’Algérie

Zhor Hadjam, El Watan, 2 juillet 2022

La compagnie Occidental Petroleum Corporation a exprimé sa volonté de participer aux efforts des autorités algériennes pour développer l’industrie pétrolière, notamment à travers des projets structurants en Algérie, dans le cadre de la nouvelle loi sur les hydrocarbures.

En visite jeudi en Algérie, la présidente-directrice générale de la compagnie américaine Occidental Petroleum Corporation, Vicki Hollub, a été reçue par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ainsi que par le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, accompagné notamment du PDG de Sonatrach.

A l’issue de l’audience que lui a accordée le président de la République, la PDG de la compagnie a indiqué, selon l’APS, qu’elle s’est entretenue avec les responsables du secteur sur l’avenir de la compagnie dans notre pays. Qualifiant l’Algérie de «pays aux innombrables ressources», Mme Hollub a affirmé que les responsables d’Occidental Petroleum Corporation sont «heureux de pouvoir faire partie du processus de développement de ces ressources».

Selon un communiqué du ministère de l’Energie et des Mines, la responsable de la compagnie américaine a eu des entretiens avec Mohamed Arkab et le PDG de Sonatrach, notamment, «sur l’examen de l’état des relations entre les deux compagnies, ainsi que sur les voies et moyens de les renforcer et de les développer particulièrement dans les domaines de la recherche et l’exploration des hydrocarbures, le développement des gisements et la production et le transport du gaz naturel et le GNL».

Le groupe Occidental Petroleum Corp. avait renoncé, il y a quelques années, à la cession des actifs algériens – précédemment détenus par Anadarko –, les qualifiant d’«essentiels». «Nous pensons que ces actifs sont d’une telle qualité qu’ils vont être très compétitifs», avait-il déclaré dès 2020.

La décision d’Occidental de développer ses affaires en Algérie avait été annoncée suite à l’annulation de la vente des actifs pétroliers et gaziers algériens au profit du français Total.

L’annulation de la transaction – blocs 404a et 208 et une participation de 24,5% dans le bassin de Berkine (champs de Hassi Berkine, Ourhoud et El Merk) – faisait suite à l’opposition des autorités algériennes qui ont décidé d’exercer leur droit de préemption dès l’annonce de l’opération de fusion-acquisition, qui a été opérée en 2019, entre les compagnies pétrolières américaines Anadarko et Occidental, suivie d’un accord entre Occidental et Total pour la cession des actifs africains, dont ceux situés en Algérie.

Le ministère de l’Energie a évoqué ensuite les perspectives du renforcement du partenariat entre le groupe Sonatrach et la compagnie Occidental Petroleum, dans le cadre des contrats en cours, mais surtout sur de nouvelles opportunités dans tous les domaines des hydrocarbures, notamment dans le cadre des nouvelles dispositions de la loi pétrolière 19/13.

Le ministère de l’Energie avait indiqué alors – août 2020 – que la présidente (CEO) d’Occidental, Mme Hollub, a affirmé que les équipes d’Occidental continuent à approfondir les données de l’Algérie, notamment sur des opportunités additionnelles dans les zones dans lesquelles Occidental opère actuellement et dans les celles d’expansion pour maximiser la valeur des actifs, en vue de renforcer les capacités opérationnelles dans l’organisation d’operating conjoint avec Sonatrach. «La présidente d’Occidental avait en outre souligné tout particulièrement que les relations d’Occidental avec le gouvernement algérien sont excellentes et permettent de créer de la valeur pour l’Algérie et les actionnaires d’Occidental», indiquait un communiqué du ministère.

Il est à rappeler que le rachat d’actifs pétrole et gaz appartenant à la société Anadarko Petroleum par Occidental Petroleum Corp. a été entériné le 8 août 2019. Il ouvrait la voie à la cession des actifs d’Anadarko en Algérie et dans plusieurs pays africains. L’opération, qui devait bénéficier au français Total, incluait l’acquisition des actifs du groupe pétrolier américain Anadarko en Algérie, au Ghana, au Mozambique et en Afrique du Sud.

Cependant, Total s’est heurté au refus catégorique des autorités algériennes. Celles-ci ont entamé des négociations, sur la base de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, avec Occidental Petroleum Corporation, qui a ensuite annoncé officiellement sa volonté de travailler en Algérie, estimant qu’il s’agit d’une option «stratégique».