Libye : la nomination d’un Algérien bloquée par les Émirats

Ryad Hamadi, TSA, 28 Juin 2022

Les Émirats arabes unis ont une nouvelle fois bloqué la nomination d’un ancien ministre algérien des Affaires étrangères comme envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour la Libye. Comme en janvier 2020, la candidature d’un diplomate algérien avait subi le même revers.

Pourtant, Ramtane Lamamra était bien placé pour occuper le poste d’envoyé spécial du SG de l’ONU pour la Libye. À l’époque, ancien ministre des Affaires étrangères, il présentait le profil idéal avec sa grande connaissance de l’Afrique et son savoir-faire dans le règlement des conflits sur le continent. Il avait obtenu l’accord de 14 membres du Conseil de sécurité des Nations-Unies.

Mais le lobbying de l’Égypte, du Maroc et des Émirats arabes, membre non permanent du conseil de sécurité, a empêché le SG de l’ONU de valider la candidature de son candidat auprès du Conseil de sécurité. Plus de deux ans après, l’histoire se répète et ce sont toujours les Émirats arabes unis qui se sont dressés sur le chemin de Sabri Boukadoum, ancien ministre des Affaires étrangères.
Soutiens de Haftar

Proposée par Antonio Guterres pour devenir le nouvel émissaire onusien pour la Libye, la candidature du diplomate algérien a été bloquée par les Émirats arabes unis, ont rapporté plusieurs médias ce mardi 28 juin.

« Seuls les Émirats arabes unis ont refusé », a indiqué à l’AFP un diplomate ayant requis l’anonymat, rapporte le Figaro, alors que des pays comme la France et le Ghana ont réclamé la nomination d’un nouvel émissaire pour la Libye.

Pour justifier leur « véto », les Émirats arabes ont expliqué selon des sources diplomatiques que « des pays arabes et des parties libyennes avaient fait part de leur opposition » à la nomination de l’ancien chef de la diplomatie algérienne.

Les noms des pays ayant dit non à Sabri Boukadoum n’ont pas été précisés, mais il s’agit sans doute des Émirats arabes unis, de l’Égypte et éventuellement du Maroc, deux pays impliqués dans la crise libyenne, avec leur soutien du camp du maréchal Haftar. Ce dernier est connu pour son hostilité à l’Algérie.

Le refus des Émirats arabes unis de valider la candidature de Boukadoum comme envoyé spécial du SG de l’ONU pour la Libye survient alors que l’Algérie s’apprête à accueillir le 1er novembre le sommet de la Ligue arabe.

Il montre l’étendue des divisions qui minent le monde arabe à quelques mois de ce sommet, et complique le règlement de la crise en Libye, un pays en proie aux violences armées depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en octobre 2011.