Détournement d’un don destiné aux victimes du terrorisme : L’autre affaire qui enfonce Ould Abbès

Salima Tlemçani, El Watan, 16 juin 2022

L’ancien ministre de la Solidarité Djamel Ould Abbès, doit comparaître devant le pôle financier près le tribunal de Sidi M’hamed à Alger, pour une nouvelle affaire de «détournement et de dilapidation de deniers publics». L’ancien secrétaire général du FLN aurait dans un coffre-fort bancaire la somme de 45 000 dollars, montant des intérêts générés d’un don de 5 millions de dollars, offert par le Koweït à l’Algérie, en signe de solidarité avec les familles des victimes du terrorisme.

En plus de son affaire liée à la gestion des fonds de son département, pour laquelle il a été jugé et condamné, l’ancien ministre de la Solidarité, Djamel Ould Abbès, doit comparaître devant le pôle financier près le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, pour de nouvelles inculpations «d’abus de fonction», de «détournement» et de «dilapidation de deniers publics».

Il s’agit d’un dossier instruit en 2021 et qui concerne le présumé détournement d’une somme de… 45 000 dollars, faisant partie d’un don offert par le Koweït, aux familles des victimes du terrorisme.

Les faits remontent à la fin des années 2000, lorsque les autorités koweitiennes ont offert un chèque de 5 millions de dinars, à la présidence de la République, en signe de solidarité avec les familles des victimes du terrorisme.

Le chèque en question a été remis par la Présidence au ministre de la Solidarité, Djamel Ould Abbès, es qualité, puis versé dans le compte de ce département, sans que ce dernier ne soit mouvementé.

Jusque-là tout semble normal. Ce n’est qu’en 2021, à la faveur de l’instruction menée dans le cadre de l’enquête sur la gestion des fonds de la Solidarité, que le pot aux roses a été découvert.

Les commissions rogatoires délivrées aux institutions bancaires pour connaître les avoirs de l’ancien ministre sont revenues positives. Ould Abbès avait un coffre-fort dans une banque, dans lequel une somme de 45 000 dollars était déposée.

Il s’agit en fait, des intérêts générés par les 5 millions de dollars offerts par les autorités koweitiennes que l’ancien ministre a versés sur un compte personnel, puis transférés vers un coffre bancaire.

Quelque temps après, et à l’occasion d’une commission rogatoire délivrée par le juge d’instruction du pôle financier, chargé de l’enquête sur les frères Kouninef, propriétaires du groupe KouGC, (en détention pour des affaires de corruption), à un établissement financier à Alger qu’une autre découverte a été faite.

Après avoir obtenu une réponse négative en ce qui concerne les frères Kouninef, le juge a été informé de l’existence d’un coffre-fort, appartenant à Djamel Ould Abbès. Après les formalités d’usage, ce coffre a été ouvert et surprise, là aussi d’importantes sommes d’argent aussi bien en devise qu’en dinar ont été trouvées.

L’ancien ministre n’aurait pas pu justifier les fonds récupérés, mais a révélé néanmoins que le chèque de 5 millions de dollars offert par le Koweït aux familles des victimes du terrorisme, a été restitué à la présidence de la République.

L’instruction a duré plus d’une année, au cours de laquelle Djamel Ould Abbès s’est vu inculpé des faits «d’abus de fonction», de «détournement» et de «dilapidation de deniers publics».

Son affaire a été renvoyée pour examen, hier, devant le pôle financier et économique près le tribunal de Sidi M’hamed à Alger. Elle a été renvoyée à la demande de ses avocats, mais aussi en raison de l’absence des deux témoins.