Poursuivis pour dilapidation de deniers publics : 10 ans de prison requis contre Sellal et Mokhtar Reguieg

Salima Tlemçani, El Watan, 21 mai 2022

Ouvert mercredi dernier, le procès de l’ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal, de son directeur de cabinet du rang de ministre, Mustapha Karim Rahiel, de trois autres anciens ministres, Abdelkader Ouali, Abdelghani Zaalane et Abdelkader Bouazgui, ainsi que de l’homme d’affaires Hocine Metidji, patron du groupe éponyme, s’est poursuivi très tard dans la journée de jeudi dernier, avec le réquisitoire et les plaidoiries de la défense.

Après les auditions, la veille, de plus d’une dizaine de prévenus pour de nombreux faits, dont «octroi d’indus avantages», «dilapidation des deniers publics», «abus de fonction», «passation de marchés en violation de la réglementation» et «financement illicite de la campagne électorale pour un 5e mandat du défunt président déchu, Abdelaziz Bouteflika», c’était au tour du procureur général de faire, en début d’après-midi, son lourd réquisitoire.

Il a requis une peine de 10 ans de prison ferme assortie d’une amende d’un million de dinars contre Abdelmalek Sellal, Mokhtar Reguieg, ex-directeur du protocole de la Présidence, mais aussi contre le PDG du groupe Metidji, Hocine Mansour Metidji.

Le procureur général a également requis une peine de 8 ans de prison ferme contre Yacine Metidji. Le représentant du ministère public a par ailleurs demandé une peine de 5 ans de prison ferme, contre Mustapha Rahiel, l’ancien ministre Abdelkader Kadi et une autre peine de 3 ans de prison ferme contre les anciens ministres, Abdelwahab Nouri, Abdelkader Bouazgui, Abdelghani Zaalane et Boudjemaa Talaï. La même sanction a été requise contre l’homme d’affaires Ali Haddad et l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh.

D’autres peines de 2 à 3 ans de prison ferme ont été réclamées contre le reste des prévenus. Le parquet général a, en outre, demandé la confiscation des biens immobiliers et mobiliers ainsi que des comptes bancaires des mis en cause condamnés.

Les plaidoiries devront reprendre aujourd’hui avant que l’affaire ne soit mise en délibéré. Il est important de rappeler que le pôle financier près le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, avait prononcé en janvier dernier plusieurs condamnations et relaxes dans le cadre de l’examen de cette affaire. Ainsi, une peine de 5 ans de prison ferme a été infligée à Abdelmalek Sellal et une autre de 6 ans de prison ferme à Mokhtar Reguieg.

Le patron du groupe Metidji, Mansour Metidji, a écopé, quant à lui, de 8 ans de prison ferme, Mustapha Rahiel de 3 ans ferme, alors qu’ une relaxe a été prononcée en faveur de Abdelkader Zouk, Abdelghani Zaalane, et l’ancien chef de cabinet du Premier ministère, Amrani Hafnaoui.