L’OAIC effectue un nouvel achat de 450 000 tonnes : L’Algérie sécurise son stock de blé

N. B., El Watan, 15 mai 2022

Le faible rendement céréalier des années passées est le principal handicap qui fait allonger encore la facture d’importation des céréales

La fin de la semaine écoulée, l’Office algérien interprofessionnel des céréales a effectué des achats de quantités de blé meunier au prix de 466 dollars la tonne. La commande algérienne a porté sur un volume de 450 000 tonnes de blé d’origine facultative lors d’un appel d’offres international dont les contours ont été rapportés par des négociants européens.

Selon ces derniers, de nouvelles estimations plus détaillées des tonnes achetées et des prix seront délivrées ultérieurement. Les quantités de blé achetées seront expédiées en deux périodes depuis les principales régions d’approvisionnement – non encore communiquées –, et ce, du 1er au 15 juillet et du 16 au 31 juillet.

Selon des commerçants, l’origine du blé serait française alors que d’autres s’attendent à ce que la région de provenance soit la mer Noire. D’après l’agence Agricensus, le port de Rouen a signalé une accélération du rythme des exportations de blé au cours de la semaine précédant le 11 mai.

L’Algérie, pour rappel, est un des principaux clients des agriculteurs français. Au cours de l’année dernière, l’OAIC avait changé de fournisseur en se dirigeant vers la production russe, offrant un blé à moindre coût, mais la rupture de la chaîne d’approvisionnement depuis le début des hostilités entre la Russie et l’Ukraine a fait revenir le client algérien à son fournisseur traditionnel, tout en restant ouvert à d’autres sources d’approvisionnement.

Dans cette situation internationale marquée par une pression sur les chaînes d’approvisionnement et la hausse des prix, le marché du blé est sujet à de rudes concurrences. Les pays dont le mode de consommation alimentaire est dépendant des céréales importées sont tenus de varier les sources d’approvisionnement afin d’échapper à tous risques de rupture. L’Inde décide de profiter de cette conjoncture pour ouvrir de nouvelles perspectives à l’exportation de son blé. Le gouvernement indien va charger, dans les prochains jours, des délégations commerciales de sillonner neuf pays en vue de faire la promotion du blé indien.

L’Algérie, qui fait partie du top quatre des pays importateurs de blé dans le monde, figure parmi les pays cible du producteur indien. «Cela survient au milieu d’une grave pénurie de céréales alimentaires dans le monde, après que près d’un tiers des exportations mondiales de blé de la mer Noire ait été bloqué du fait de la guerre en Ukraine», explique-t-on dans les médias indiens.

Outre l’Algérie, les délégations indiennes se rendront au Maroc, en Tunisie, en Indonésie, aux Philippines, en Thaïlande, au Vietnam, en Turquie et au Liban afin d’explorer les possibilités de «stimuler les exportations de blé de l’Inde», annonce le ministre du Commerce et de l’Industrie de ce pays. Ce dernier envisage d’exporter 10 millions de tonnes de blé au cours de l’exercice 2022, dans un contexte d’augmentation de la demande mondiale de céréales dans le monde. L’Inde avait déjà exporté 7 millions de tonnes en 2021. «Les experts ont déclaré que la valeur des exportations de blé pourrait également bondir, compte tenu de la dépréciation de la roupie. Les exportations de blé en 2021-22 se sont élevées à 2,05 milliards de dollars», rapportent les mêmes sources.

Notons que l’Algérie dispose de réserves de blé suffisantes pour huit mois et continue de s’approvisionner sur le marché international en vue de sécuriser davantage ses besoins. Sera-t-elle favorable au blé indien ? L’avenir nous le dira. Pour l’heure, la sécurisation des besoins alimentaires du pays passent aussi et surtout par le développement du niveau de la production nationale. Le faible rendement céréalier des années passées est le principal handicap qui fait allonger encore et encore la facture d’importation des céréales et en premier lieu le blé tendre.