Amélioration du pouvoir d’achat des Algériens : La nouvelle promesse de Tebboune

Amel Blidi, El Watan, 4 mai 2022

Le président Abdelmadjid Tebboune a adressé un message aux travailleurs à l’occasion du 1er Mai.

Dans un climat social tendu, marqué par une détérioration fulgurante du pouvoir d’achat, le président Abdelmadjid Tebboune a promis, dans un message adressé aux travailleurs algériens à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs (1er Mai), lu en son nom par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, d’améliorer le pouvoir d’achat des Algériens.

Il a indiqué à ce propos que «la protection du pouvoir d’achat, la préservation des emplois et de la prise en charge sociale demeureront parmi les priorités auxquelles nous accordons un intérêt particulier et pour lesquelles nous œuvrerons à mobiliser les ressources financières possibles, notamment au profit de la classe moyenne, les catégories à revenu limité et les couches démunies».

Le chef de l’Etat a réitéré, à cet égard, la détermination de l’Etat à «poursuivre l’écoute des principales préoccupations du monde du travail en quête d’approches efficientes permettant de consolider les acquis réalisés en moins de deux ans, et ce, par fidélité à mon engagement de veiller à la protection des droits des travailleurs et la préservation de leurs acquis socioprofessionnels». «En sus de la suppression de l’impôt sur le revenu au profit des catégories à revenu limité, la révision du point indiciaire, la création de l’allocation chômage et l’augmentation des pensions de retraite, la réflexion restera tout le temps tournée vers l’élargissement des champs d’absorption de nos enfants chômeurs», a assuré le président Tebboune.

Le chef de l’Etat avait, depuis son accession à la magistrature suprême, lancé des mesures censées améliorer le pouvoir d’achat des Algériens mais elles se sont révélées inefficaces face à l’envolée constante des prix. «Je rassure les travailleurs que d’ici la fin de l’année – nous attendons les résultats définitifs de nos recettes –, il y aura une augmentation de l’allocation chômage et des salaires pour qu’elle soit effective en janvier (2023)», a-t-il ainsi souligné lors d’une récente rencontre avec des journalistes. Récemment, les syndicats de la Fonction publique sont montés au créneau pour exiger une hausse des salaires.

Certes, des efforts ont été consentis récemment afin de contrer l’inflation galopante, mais elles se sont avérées insuffisantes. Dans le but d’améliorer le pouvoir d’achat, l’Exécutif a ainsi consenti à la majoration du salaire minimum national garanti (SNMG), la suppression de l’impôt sur les personnes à revenus limités, la création d’une allocation chômage, l’augmentation des salaires, du point indiciaire et des pensions.

La nouvelle grille salariale, appliquée récemment, prévoit une augmentation de 50 points indiciaires, sur la base de la valeur du point indiciaire fixée à 45 DA. Les syndicats n’ont pas caché leur déception face à des augmentations jugées au mieux comme «une hausse dérisoire». Et pour cause, la mesure tant attendue prévoit des hausses allant de 2000 à 6000 DA, qui seront immédiatement absorbées par l’inflation. Les autres mesures prises précédemment par le chef de l’Etat ont également eu des incidences à peine visibles sur le montant des salaires.

Elles représentent pourtant un effort budgétaire conséquent pour l’Etat algérien dans un contexte de crise économique. L’on ne manque pas de rappeler ainsi, à longueur de colonnes de l’agence APS, que la réduction de l’IRG coûte au Trésor public 180 milliards de dinars/an, tandis que l’augmentation du point indiciaire lui coûte 220 milliards de dinars, sachant que l’augmentation annuelle des salaires s’élève à 400 milliards de dinars en 2022. La révision du point indiciaire dans la Fonction publique touche ainsi plus de 2,7 millions de fonctionnaires et agents contractuels, dont 2,4 millions pris en charge dans le cadre du budget de l’Etat et près de 360 000 dans celui des collectivités locales. La différence est prise en charge par le Trésor.

La réduction de l’impôt sur le revenu global (IRG), à la faveur d’une mesure de la loi de finances 2022, permet ainsi une augmentation des salaires, évoluant selon le niveau du revenu, suivant un barème progressif composé de six paliers de calculs. Le gain net – pour un salaire mensuel de 40 000 Da – est de 2400 DA. Des montants jugés insuffisants par des travailleurs algériens qui, au sortir d’un mois de Ramadhan particulièrement difficile, sont fortement éreintés par la détérioration de leur pouvoir d’achat.

Plus de 80 milliards DA alloués à l’allocation chômage

Un budget de plus de 80 milliards de dinars a été alloué par l’Etat au titre de contribution au dispositif de l’allocation chômage en 2022, en vertu d’un décret présidentiel paru au Journal officiel (n° 27). Signé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le 12 avril dernier, ce décret (n°22-158) porte sur la création d’un chapitre et transfert de crédits au budget de fonctionnement du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale. Selon le décret, «il est créé, au sein de la nomenclature du budget de fonctionnement du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, un chapitre n° 44-13 intitulé «Contribution au dispositif allocation chômage». Dans ce cadre, il est ouvert, sur 2022, un crédit de 80,228 milliards de dinars applicable au budget de fonctionnement du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale. Le ministre des Finances et celui du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution de décret. Cette «décision historique» de création d’une allocation chômage, prise par le président de la République, permet aux demandeurs d’emploi inscrits auprès de l’Agence nationale de l’emploi (ANEM) de bénéficier d’une allocation mensuelle de 13 000 DA et d’une couverture sociale à travers la carte Chifa. (APS)