L’Espagne s’engage à ne pas livrer du gaz algérien au Maroc

TSA, 28 Avril 2022

Du nouveau dans le dossier du gaz algérien livré à l’Espagne. Au lendemain des menaces directes de l’Algérie de couper les livraisons, le gouvernement espagnol a répondu.

Mercredi 27 avril, le ministère algérien de l’Energie a annoncé que son homologue espagnol l’a informé de sa décision d’autoriser le fonctionnement en flux inverse du gazoduc Maghreb-Europe (GME).

Ce dernier, qui relie l’Algérie à l’Espagne via le Maroc, a été fermé le 1er novembre dernier par l’Algérie dans un contexte de crise politique avec Rabat.

L’inversement du flux du gazoduc vise donc à alimenter le Maroc en gaz à partir de l’Espagne en remplacement des quantités que le royaume pompait en contrepartie du passage du gazoduc GME sur son sol.

L’Espagne s’engage

L’Algérie a toujours mis en garde l’Espagne qu’elle n’acceptera pas qu’une « seule molécule » de son gaz soit livrée au Maroc. Une mise en garde réitérée par le ministère de l’Energie après avoir été informé de l’inversement imminent du flux. Cette fois, la menace de couper carrément les approvisionnements de gaz à l’Espagne est directement brandie par l’Algérie.

« Tout acheminement de gaz naturel algérien livré à l’Espagne, dont la destination n’est autre que celle prévue dans les contrats, sera considéré comme un manquement aux engagements contractuels », et cela « pourrait aboutir à la rupture du contrat liant la Sonatrach à ses clients espagnols », a menacé le département de Mohamed Arkab dans un communiqué.

Quelques heures seulement après cette mise en garde, le gouvernement espagnol a réagi par le biais du ministère de la Transition écologique qui a rassuré la partie algérienne que le gaz qui sera livré au Maroc ne sera pas d’origine algérienne.

« En aucun cas le gaz acquis par le Maroc ne sera d’origine algérienne (…) L’activation de ce mécanisme a été discutée avec l’Algérie ces derniers mois et communiquée aujourd’hui au ministre algérien de l’Energie », a indiqué le ministère espagnol.