Les syndicats «déçus» par la dernière mesure relative au point indiciaire : Le front de la contestation s’élargit

Abdelghani Aïchoune, El Watan, 18 avril 2022

Les travailleurs ont émis un grand espoir sur les promesses faites par le Président et son Premier ministre, qui ont annoncé des augmentations conséquentes et une amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs», a indiqué à El Watan le coordinateur de la CSA, Boualem Amoura.

La Confédération des syndicats autonomes (CSA) a décidé de passer à l’action en organisant une grève de deux jours, les 26 et 27 avril. Les revendications de ce regroupement de plusieurs organisations syndicales s’articulent autour de l’augmentation de la valeur du point indiciaire de 45 à 100 DA, la mise en place d’un observatoire national pour la préservation du pouvoir d’achat ainsi que l’ouverture du dossier du régime indemnitaire pour la révision des primes allocations et l’actualisation de la prime de zone par rapport à l’actuel salaire de base et non celui de 1989.

Cette grève de deux jours, qui est «l’expression de la colère des travailleurs», est «un avertissement avant l’escalade», fait savoir la CSA, qui demande aux travailleurs de «rester mobilisés en ce moment qui est décisif pour l’amélioration de leurs situations socioprofessionnelles». Il est évident que la hausse continue des prix des produits alimentaires, notamment ceux de première nécessité, ces deux dernières années, ainsi que les graves tensions que connaissent certains d’entre eux ont grandement affecté le budget de nombreuses familles algériennes.

Une inflation qui ne cesse de se poursuivre. La réaction des travailleurs était donc attendu, d’autant plus que les mesures prises récemment par les pouvoirs publics dans le cadre de la préservation du pouvoir d’achat, comme la diminution de l’IRG depuis janvier dernier et la révision du point indiciaire tout récemment, ne semblent pas satisfaisantes.

«Alliance conjoncturelle»

C’est ce qui explique probablement l’élargissement de la CSA, qui regroupe désormais une trentaine d’organisations syndicales (ce dernier communiqué a été signé par 29 syndicats). «La Confédération s’est élargie pour une alliance conjoncturelle après la promulgation du décret présidentiel 22-132 se rapportant à la grille indiciaire. Les travailleurs ont émis un grand espoir sur les promesses faites par le Président et son Premier ministre, qui ont annoncé des augmentations conséquentes et une amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs», a indiqué à El Watan le coordinateur de la CSA, Boualem Amoura, qui précisera que finalement «c’est la déception totale au vu des maigres augmentations annoncées». D’après lui, «le pouvoir d’achat des travailleurs algériens ne cesse de se détériorer sans que les pouvoirs publics n’interviennent pour y mettre un terme».

C’est finalement cette importante détérioration du pouvoir d’achat et les réponses des autorités qui, de l’avis des syndicats, ne sont pas à la hauteur de l’attente des travailleurs, qui font que le front social est aujourd’hui une nouvelle fois en ébullition.

«Les fonctionnaires ne peuvent plus supporter la cherté de la vie et cette érosion continue du pouvoir d’achat», a estimé Amoura qui s’attend à «une totale adhésion» et qui fait remarquer que ce sont tous les secteurs et toutes les catégories des travailleurs qui sont concernés. Dans tous les cas de figure, la situation est telle qu’il est probable que la contestation sociale s’élargisse à d’autres secteurs d’activité.