Mine de Zinc et de plomb de Tala Hamza Amizour : Des villageois réitèrent leur rejet au projet minier

Nordine Douici, El Watan, 11 avril 2022

Le collectif des associations villageoises des communes de Tala Hamza et d’Amizour vient de réagir à la récente décision des autorités centrales quant au lancement imminent de l’exploitation du gisement de la mine de zinc et de plomb qui s’étend sur les territoires des deux communes.

Une réunion a été organisée, à cet effet, au siège de la CDDH le week-end dernier pour réitérer le «rejet» du collectif à l’exploitation de cette mine, avant de décider d’un sit-in le 15 avril courant, qui doit se tenir près de la mosquée du village Ibezghichène (Amizour).

La principale raison évoquée est d’ordre environnemental. Pour les participants, l’exploitation de cette mine entraînerait «des dégâts incommensurables sur la santé de la population du fait de l’activité du transport et de l’excavation, la déstabilisation du sol et de l’écosystème dans cette zone et la contamination des eaux souterraines», résument-ils.

Région essentiellement agricole, les paysans appréhendent les retombées de cette industrie minière sur leur activité agraire.

Les contestataires ont dénoncé «l’exclusion de la population de participer à cette décision» démentant par la même «l’information selon laquelle des villageois auraient été d’accord pour se faire exproprier au profit de la multinationale».

Certes, l’administration a engagé, il y a quelques mois, des discussions avec les habitants dans le but de les sensibiliser quant aux bienfaits «économiques et sociaux de ce projet, mais sans tenir compte de l’impact environnemental, un aspect dont les études ont été bâclées», attestent les concernés.

A cet effet, ils invitent, une nouvelle fois, le comité scientifique mis en place par les autorités afin de débattre de la question. Relancé en février 2021 après une longue mise en veilleuse qui a duré plus de 15 ans, l’Algérie a approuvé le projet de l’exploitation de la mine de zinc et plomb de Tala Hamza.

Cela est rendu possible après que l’entreprise étrangère Terramin, qui détient 65% du capital, s’est adaptée à la règle 51/49 en cédant 16% de ses parts aux partenaires algériens, en l’occurrence l’Entreprise nationale des produits miniers non ferreux (ENOF) et l’Office national de recherches minières (ORGM), et ce, afin de se conformer au règlement relevant de la propriété des actifs stratégiques.

Cependant, cette décision a suscité une vive inquiétude chez la population vivant aux alentours du gisement, des scientifiques et des défenseurs de l’environnement à cause de la nature polluante de l’activité du minerai et autres désagréments pouvant être causés par l’action de l’exploitation.

Pour rappel, ce gisement est l’un des plus grands non développés au monde, dont les réserves atteignent les 3,5 millions de tonnes de zinc avec une ressource de 53,0 millions de tonnes à 6,6% de zinc et plomb.