Fermeture du quotidien Liberté : Un accord signé pour l’indemnisation des travailleurs

Madjid Makedhi, El Watan, 11 avril 2022

Les représentants de l’homme d’affaires, Issad Rebrab, et les délégués des salariés du journal Liberté sont parvenus à un accord sur l’indemnisation des travailleurs. Les négociations, lancées au lendemain de l’annonce de la liquidation pour des raisons qui demeurent inconnues de la publication, n’ont pas duré longtemps.

Selon des sources proches du dossier, les représentants du propriétaire du journal ont accepté, vendredi dernier, pratiquement «toutes les demandes des travailleurs». Et l’accord définitif devait être signé, en fin de journée d’hier. Celui-ci a défini, particulièrement, les montants des indemnisations.

Selon notre source, les travailleurs devraient avoir droit à une compensation financière calculée entre 12 et 28 mois de salaire, selon les années d’exercice dans l’entreprise.

L’accord propose également la possibilité de réintégrer une des filiales du groupe pour certaines catégories de salariés de Liberté. Néanmoins, les travailleurs répondant aux critères d’admission, peuvent prétendre à la retraite anticipée, avec le bénéfice des indemnités prévues par la convention collective.

Avec cet accord, l’histoire du quotidien Liberté prendra officiellement fin. L’équipe rédactionnelle continuera à produire trois nouvelles éditions, dont la dernière sera publiée jeudi prochain. Fondé en 1992, le quotidien Liberté aura marqué, comme de nombreux autres titres, l’histoire de la presse privée algérienne, née dans la foulée des événements d’octobre 1988.

L’annonce de sa fermeture a suscité de nombreuses réactions, dont celles des intellectuels qui ont signé une pétition appelant à sauver le journal. «C’est parce qu’un journal est un espace d’échange et de transmission d’idées, de valeurs et d’expression citoyenne nécessaire à la vitalité démocratique d’un pays, qu’il faut le préserver, le défendre et le faire vivre. Le journal Liberté, dont l’histoire se confond avec celle de l’Algérie contemporaine, a pleinement assumé, depuis sa création, cette mission intellectuelle.

Au-delà de son collectif et de son propriétaire, le journal Liberté appartient aussi à ses lecteurs dans leur diversité. Sa disparition serait une immense perte pour le pluralisme médiatique, un coup dur pour les acquis démocratiques arrachés de haute lutte et de sacrifices», avaient souligné les signataires de cet appel.