Cour d’Alger: Poursuite du procès en appel des frères Benhamadi par l’audition des accusés

Le Soir d’Algérie, 28 février 2022

Le procès en appel de l’affaire des frères Benhamadi, propriétaires du groupe Condor, poursuivis pour « blanchiment d’argent, abus de fonction et financement occulte de partis politiques », s’est poursuivi dimanche soir à la Cour d’Alger.

L’accusé Omar Benhamadi a été auditionné dans l’affaire de réalisation de l’hôpital des brûlés à Skikda, dont le taux d’avancement des travaux a atteint 60%, invoquant des problèmes d’ordre technique et administratif pour expliquer le retard accusé dans ce projet dont le délai de réalisation était fixé à 22 mois, notamment liés aux bureaux d’études, niant, en bloc la charge, retenue contre lui, relative au financement occulte de partis politiques.

De son côté, l’accusé Abderrahmane Benhamadi a nié les chefs d’accusation retenus contre les filiales du groupe Benhamadi, affirmant que la société « GB Pharma » importait légalement des médicaments, conformément au registre de commerce de la société qui l’autorise à exercer cette activité, en sus de son activité principale de fabrication de médicaments.

La possession du droit de concession pour l’exploitation d’un terrain dans la nouvelle ville de Sidi Abdellah est conforme à la loi, sachant que la société s’est acquittée des redevances, a-t-il soutenu.

A une question du magistrat sur le développement de l’activité des filiales du groupe au moment où l’un des frères Benhamadi était à la tête d’un département ministériel en 2010, et la possibilité d’obtention d’avantages particuliers, notamment la conclusion de marchés par la société Condor Electronics avec des entreprises du secteur de la Poste et des Télécommunications, l’accusé a nié l’obtention des filiales du groupe d’un quelconque avantage, affirmant que l’essor de l’activité commerciale du Groupe a été favorisé par l’encouragement à l’investissement privé à l’époque.

Interrogé sur le retard dans la réalisation d’une gare routière à Bordj Bou Arreridj, par la société « ALTRAPCO », les modalités d’obtention du marché, de montants financiers ainsi que les modalités de réception des avances, l’accusé Smail Benhamadi a invoqué des raisons techniques et administratives, notamment « l’absence d’un bureau d’études et de plans de réalisation du projet », faisant savoir que la société n’a toujours pas recouvré ses dus, sachant que la gare est actuellement en service.

Une soixantaine d’accusés ont également été auditionnés, en attendant la poursuite du procès ce jour avec les réquisitions du Parquet et les plaidoiries de la défense.

APS