Les détenus d’opinion poursuivent leur grève de la faim

Abdelghani Aïchoune, El Watan, 8 février 2022

Selon le collectif des avocats des détenus d’opinion, une quarantaine d’entre eux ont entamé une grève de la faim le 28 janvier dernier. Plusieurs de ces détenus grévistes, qui se trouvaient à la prison d’El Harrach, ont été transférés vers les prisons de Bouira et Berrouaghia, ont indiqué des membres du collectif de défense.

Les détenus d’opinion en grève de la faim depuis le 28 janvier dernier poursuivent leur action, ont indiqué certains avocats. C’est ce qu’a affirmé, hier, Me Yamina Alili, qui avait rendu visite, en compagnie de l’avocate Nabila Smail, aux détenus transférés de la prison d’El Harrach vers celle de Bouira, précise-t-elle, en signalant que ces derniers étaient «épuisés physiquement et psychologiquement», mais «décidés à poursuivre leur grève de la faim».

La veille, les avocats Abdellah Heboul et Said Zahi ont indiqué également, après avoir rendu visite aux détenus Mohamed Tadjadit, Nourredine Khimoud, Malik Riahi, Soheib Debaghi et Ahmed Tarek Debaghi, à la prison de Bouira, ainsi que Hadi Lassouli à celle de Berrouaghia, tous transférés depuis la prison d’El Harrach le 2 février, comme ils l’ont précisé, que leurs mandants sont décidés à poursuivre leur grève de la faim.

Selon le collectif des avocats des détenus d’opinion, une quarantaine d’entre eux ont entamé cette grève le 28 janvier dernier. Le procureur général près la cour d’Alger avait indiqué, samedi 29 janvier, dans un communiqué qu’«aucun mouvement de grève n’a été enregistré au sein de cet établissement pénitencier (El Harrach, ndlr)».

Le lendemain, le collectif des avocats a réagi à ce communiqué en indiquant que ce «démenti» du parquet «est soit basé sur des contrevérités soit a occulté de dire toute la vérité».

Or, le 2 février, plusieurs de ces détenus grévistes, qui se trouvaient à la prison d’El Harrach, ont été transférés vers les prisons de Bouira et Berouaghia, ont indiqué des avocats. Des détenus, se trouvant dans d’autres régions du pays et ayant incarcérés pour les mêmes motifs, ont également annoncé, via des avocats et activistes, leur décision d’entamer à leur tour une grève de la faim.

C’est le cas, par exemple, de Dalila Touat, dont le procès a été renvoyé, hier, au 14 février et qui se trouve à la prison de Aïn Tadles, à Mostaganem, depuis le 1er février.

Hier, le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) a indiqué que «les détenus grévistes de la faim Mohamed Athmane, Houssam Chebabhi, Kamal Gou, Samir Boubaya et Rami Amroune, qui ont été placés sous mandat de dépôt le lundi 10 janvier dernier, ont été transférés, dimanche 6 février, de la prison de M’sila vers Bou Saâda».

Si dans un premier temps, des avocats avaient estimé à une quarantaine le nombre de détenus qui sont en grève de la faim, aujourd’hui, aucune donnée ne permet de savoir si ce chiffre a augmenté ou pas, d’autant plus que ces indications restent tributaires des visites qu’effectue la défense dans les prisons.