Pénuries de certains produits alimentaires: Les explications du ministère du Commerce

R. N., Le Quotidien d’Oran, 11 janvier 2022

Le directeur général de l’Organisation des activités commerciales, au ministère du Commerce, Sami Kolli, a tenu, lors d’une émission de la Radio nationale Chaîne 1, à «rassurer les consommateurs sur le climat général de la dynamique commerciale» en Algérie.

«Le consommateur doit comprendre que nous avons passé deux années, 2019 et 2020, difficiles. La crise économique due à la pandémie de coronavirus depuis 2020, ce qui a eu des effets néfastes sur l’économie mondiale aussi», a ajoute l’intervenant.

Allant plus dans le détail M. Kolli cite, comme effets néfastes depuis le début de la pandémie, la «hausse extravagante des coûts de transport maritime» ainsi que le «problème de disponibilité des conteneurs», la «hausse des cours des matières premières», des «difficultés dans la disponibilité de certaines matières stratégiques», «le recours par certains pays à la rétention de leurs réserves de matières premières», et la «valeur du dinar». «En parallèle, ajoute l’intervenant, le consommateur modifie ses comportements alimentaires, ce qui a pour effet de créer de la pression sur certains produits de large consommation».

Selon ce cadre supérieur du ministère du Commerce, «l’année 2020 n’a pas connu de grands problèmes de disponibilité de produits, hormis des dysfonctionnements dans la distribution de la semoule, au début de la crise sanitaire, une situation qui s’est aussi prolongée en 2021». «Mais, quand on prend une période donnée, pour savoir à quel moment il y a ces pressions sur la demande de certains produits, on constate que cela se produit au début de l’année civile et avant le mois de Ramadan», ajoute M. Kolli.

L’intervenant réfute l’existence d’une «pénurie totale de certains produits». «Il existe un manque de l’offre devant une hausse de la demande», explique-t-il. «A cela, il faut ajouter le stockage exagéré, la spéculation et une panique», dit-il encore.Selon lui, «à ce jour, nous avons pu affronter cette situation grâce aux opérateurs économiques des différents secteurs».

Production de matière première

«Les gens honnêtes existent dans ce pays, mais il y a d’autres qui, à travers les enquêtes, lancées par tous les services, vont être démasqués pour avoir usé de pratiques illégales», dit-il encore. Interrogé sur la pénurie de l’huile de table, M. Kolli affirme qu’en une semaine, soit «entre le 4 et 9 janvier, plus de 12.941 tonnes d’huile de table ont été introduites sur le marché, ce qui équivaut à 13 millions de litres, soit 1 million de litres de plus que les besoins dans cette période».

L’invité de la Chaîne 1 ajoute que l’Algérie «qui importait 100% de ses besoins de matière première pour la fabrication d’huile de table», maintenant une partie «non négligeable» est «produite localement». «Deux opérateurs de l’ouest du pays, Oran et Mascara, sont en mesure d’assurer plus de 60% de nos besoins en matière première», affirme encore Sami Kolli. Le même responsable cite aussi «six opérateurs économiques qui interviennent dans le raffinage de cette huile brute pour la transformer en huile de table». M. Kolli préfère parler de «dysfonctionnements» et «non pas de pénurie». Ces «dysfonctionnements» dans la distribution de l’huile de table sont dus, selon lui, à «la contrebande avec les pays voisins». Sans citer le «pays voisin», il affirme que l’huile de table algérienne se vend et «on peut même la commander». La «spéculation et le stockage» de l’huile de table est également cité par l’intervenant.

Concernant les stocks disponibles de ce produit, en ce moment, M. Kolli affirme qu’il existe «26.400 tonnes de matière première» auprès des «deux opérateurs» (cités plus haut, ndlr), ce qui équivaut à «25.344 tonnes d’huile de table».

A cela, il faut ajouter, «chez les six producteurs», auxquels se joindra «un septième», affirme l’intervenant, «il y a, à la date d’avant-hier (dimanche 9 janvier 2022), une quantité supplémentaire de 40.305 tonnes d’huile brute, ce qui équivaut à 38.690 tonnes d’huile de table». «La quantité d’huile de table programmée à la réception est de 162.522 tonnes destinée à la distribution», affirme encore l’intervenant.