17 harraga morts noyés au large d’Oran

Des marocains et un mineur syrien parmi les victimes

Liberté, 8 janvier 2022

Un autre drame lié à la migration irrégulière a été enregistré, ces dernières heures, au large d’Oran, selon des informations publiées sur les réseaux sociaux. Au moins 17 harraga auraient trouvé la mort, noyés, après avoir embarqué depuis des plages d’Oran. Parmi eux, un mineur syrien, cinq ressortissants marocains, dont une jeune fille d’Oujda, ainsi que 11 Algériens.

Cette tragédie rappelle le triste sort qui attend les harraga quelle que soit leur nationalité. Si la plupart des migrants clandestins en partance pour l’Espagne sont des Algériens, il n’est pas rare de trouver, parmi les passagers de ces patères, des Subsahariens, des Syriens et, particulièrement, des Marocains qui partagent l’infortune des naufragés. Ainsi, quatre jeunes originaires de Taza, ville située au nord-est du Maroc, ont péri noyés en Méditerranée après avoir pris la mer depuis des côtes algériennes pour rejoindre Almeria.

Par ailleurs, dans un nouveau bilan dressé par Francisco José Clemente Martin, du Centre international pour l’identification de migrants disparus (CIPIMD), publié jeudi, on apprend que ces cinq derniers jours, 1 230 personnes dont 80% d’Algériens, ont été interceptées entre Almeria, Carthagène, Alicante et les îles Baléares à bord de 90 embarcations. Parmi ces harraga, plus de 40 femmes et 30 enfants de moins de 16 ans. Selon la même source, au moins 30 décès ont été enregistrés alors qu’on est toujours sans nouvelles de cinq naufragés disparus. Plus de 150 harraga ont reçu des soins pour des cas sans gravité.

Si plus de 300 arrivants ont été envoyés dans des Centres d’internement pour étrangers (CIE), plus de 500 autres ont mis pied à terre sans être interceptés par la police espagnole ou la garde civile. Ceux-là sont souvent convoyés par des réseaux de passeurs organisés à bord de go-fast qui ne prennent pas le risque d’être interceptés par la marine espagnole.
Francisco José Clemente Martin indique, en outre, que l’ONG CIPIMD a reçu plus de 3 100 messages de familles à la recherche de leurs proches. Rappelons que le nouvel an a connu, au large d’Almeria, le naufrage de deux embarcations – transportant 17 et 12 passagers – qui a causé la mort ou la disparition de 13 Algériens. Un début d’année qui a vu, en l’espace de deux jours, plus de 370 migrants interceptés par les gardes-côtes espagnols ou secourus par les éléments des services maritimes des provinces côtières.

Parmi eux, on compte 22 femmes, 10 enfants, 1 Syrien, 7 Subsahariens et 1 Marocain. Quelques jours plus tôt, le naufrage d’une patère transportant 12 harraga s’est produit dans les eaux internationales, à plus de 80 km de Cabo de Gata, à Almeria. Six d’entre eux ont pu être sauvés par un hélicoptère de sauvetage maritime, les 6 autres sont portés disparus.

SAÏD OUSSAD