Après la controverse autour de son dernier rapport sur l’Algérie: La Banque mondiale réplique

Liberté, 8 janvier 2022

La Banque mondiale a émis jeudi une mise au point suite à la controverse qui a éclaté ces derniers jours autour de son rapport sur l’économie algérienne. L’institution financière internationale affirme que les conclusions de son dernier rapport sur l’Algérie sont “cohérentes avec les données officielles”.

La controverse qui a éclaté ces derniers jours autour du dernier rapport de la Banque mondiale (BM) sur l’économie algérienne a connu un nouvel épisode, jeudi, suite aux mises au point formulées par cette institution financière internationale sur son site officiel. La polémique, faut-il le rappeler, avait pris naissance le 28 décembre dernier à travers une première dépêche publiée par l’agence APS, accusant la Banque mondiale “de sortir de son cadre d’institution financière internationale pour se transformer en un outil de manipulation et de propagande, en distillant des informations tendancieuses et sournoises sur la situation économique en Algérie”. Quelques jours plus tard, la même agence revient sur le sujet, évoquant cette fois “un rapport erroné de la Banque mondiale sur l’Algérie” et mettant directement en cause Farid Belhaj, vice-président de la Banque mondiale en charge de la région Mena, accusé de “manipulation” et d’“informations mensongères” sur l’économie algérienne.

Après avoir observé le silence depuis l’éclatement de cette polémique fin décembre dernier, la BM a fini par réagir officiellement, à travers un communiqué rendu public avant-hier, où elle défend notamment le bien-fondé de sa démarche d’analyse de la situation économique de l’Algérie et la cohérence des informations et des données qui sous-tendent son dernier rapport. Ainsi, dans une déclaration intitulée “Mise au point de la Banque mondiale concernant le rapport de suivi de la situation économique en Algérie”, l’institution financière internationale écrit en substance que plusieurs articles publiés sur ledit rapport “comprenaient des informations factuellement inexactes sur le contenu du rapport, qui a été préparé avec la plus grande rigueur, ainsi que sur ses auteurs, une équipe d’économistes travaillant sur la région du Maghreb”.

Aussi, déplore la BM, “nous avons noté avec regret que certains des articles cités ont adopté un langage qui peut avoir dépassé les pensées de leurs auteurs anonymes”. Qualifiant d’“inacceptables” les contenus des articles en question, l’institution de Bretton Woods, dont l’Algérie est l’un des pays membres, précise qu’“il ne sera pas répondu à ces propos tant nous considérons qu’ils ne sauraient porter argument ni ne constituent un élément de débat”. La Banque mondiale, est-il souligné dans la même déclaration, “produit régulièrement des rapports économiques pour ses pays membres et le rapport de suivi de la situation économique en Algérie est produit deux fois par an et fait l’objet d’un examen de qualité approfondi avant sa publication”.

Ce rapport, est-il ajouté, “est basé exclusivement sur des données publiques, dont la référence figure dans le document, ou sur des données fournies par les autorités des pays membres”. Dans cet ordre d’idées, la Banque mondiale affirme que les conclusions de son rapport “sont cohérentes avec les données officielles disponibles à la date de clôture des données du rapport (1er novembre 2021), dont la plupart sont présentées dans la note de conjoncture de la Banque d’Algérie publiée le 22 décembre 2021”. Et de rappeler en définitive que l’Algérie, “membre apprécié du groupe de la Banque mondiale”, est représentée au conseil des administrateurs de la Banque, dont le personnel et la direction “servent uniquement les objectifs de l’institution”. Interpellé sur cette controverse lors d’un point de presse qu’il a tenu la semaine dernière à Alger, le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, avait tenu des propos quelque peu nuancés, en soulignant notamment que le rapport de la Banque mondiale sur l’Algérie contrastait avec de récents rapports élaborés par cette même institution et d’autres institutions internationales. “Même si on n’est pas d’accord sur certaines données, ce rapport regorge d’indicateurs positifs”, avait estimé le Premier ministre, tout en appelant à “une lecture approfondie” du document de la Banque mondiale sur l’Algérie.

Publié le 22 décembre 2021, ce document dresse une synthèse exhaustive des points forts et des faiblesses de l’économie algérienne, à l’aune de la situation pandémique et de l’évolution de la conjoncture pétrolière mondiale. Le rapport, introduit sous le titre “Redresser l’économie algérienne après la pandémie”, prévoit entre autres que “la croissance du PIB réel de l’Algérie atteindra 4,1% en 2021, puis diminuera progressivement à moyen terme, compte tenu de la nature progressive de la mise en œuvre de l’agenda de réformes structurelles”.

 

Akli Rezouali