Accusé de dilapidation des terres agricoles: L’ex-wali Touhami condamné à 4 ans de prison ferme

Liberté, 7 décembre 2021

Ahmed Hamou Touhami, ancien wali d’Aïn Témouchent, de Béjaïa ou encore de Djelfa, a été condamné par le tribunal El-Emir, à Oran, à quatre ans de prison ferme dans l’affaire concernant la dilapidation de terres agricoles à Aïn Témouchent.

Il avait été jugé le 22 novembre dernier en compagnie de plus de 70 prévenus dont des “indus bénéficiaires” et une vingtaine de maires.

À l’issue des débats, le procureur de la République avait requis différentes peines contre les personnes poursuivies dans cette affaire, notamment 6 ans de prison ferme et un million de dinars d’amende respectivement contre l’ancien wali, le directeur de l’Office de wilaya des terres agricoles (Onta), le directeur des domaines, ainsi que le directeur des services agricoles (DSA). Ces derniers ont écopé de la même peine que Touhami.

Les “indus bénéficiaires” ont été relaxés, alors que le parquet avait requis quatre ans de prison ferme et un million de dinars d’amende contre eux.

Ahmed Hamou Touhami était accusé notamment de “faux en écritures publiques”, “abus de biens sociaux”, “trafic d’influence” et “abus de fonction”, alors que le directeur de wilaya des domaines et les édiles étaient poursuivis pour “avantages injustifiés dans les marchés publics”, “soustraction ou usage illicite de biens par un agent public” et “abus de fonction”, des chefs d’accusation prévus par la loi n°06-01 relative à la prévention et la lutte contre la corruption.

Rappelons qu’en réponse aux réquisitions du procureur de la République, les avocats de la défense de l’ancien wali avaient plaidé la relaxe, en insistant tout particulièrement sur le fait que leur mandant ne pouvait influer sur les prises de décision des services agricoles qui dépendent directement du ministère de tutelle.

Les avocats des indus bénéficiaires présumés, eux, ont plaidé la relaxe de leurs mandants, estimant que les chefs d’accusation choisis par le parquet – soit l’abus de fonction, le trafic d’influence et l’usage illicite de biens publics – sont prévus pour les fonctionnaires et agents de l’État et non pas pour les particuliers.

Par ailleurs, Ahmed Hamou Touhami a également été condamné à deux années de prison ferme par la même juridiction dans le cadre d’une autre affaire, dite “des sablières”.

Saïd OUSSAD