Relance économique: Une conférence nationale prochainement

R. N., Le Quotidien d’Oran, 24 novembre 2021

Le Premier ministre, ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane a affirmé que près de 2.500 projets étaient en attente de l’aval du Conseil national de l’investissement (CNI).

Cette annonce est intervenue dans le rapport préliminaire de la Commission des affaires économiques et financières du Conseil de la Nation sur le texte de loi de Finances pour l’exercice 2022, présenté lundi en séance plénière consacrée au débat du texte de loi et présidée par M. Salah Goudjil, président du Conseil. Le rapport préliminaire comprend les réponses de M. Benabderrahmane aux préoccupations des membres de cette commission soulevées lors de la réunion tenue jeudi dernier.

Selon le document, une conférence nationale sur la relance économique devra se tenir prochainement sous l’égide du président de la République. Cette conférence constituera «un cadre pour le traitement des dysfonctionnements dont souffre l’investissement, ce qui permettra l’accès aux postes d’emploi et la création de richesses, d’autant que près de 2.500 projets sont actuellement en attente de l’aval du CNI», a déclaré le Premier ministre. Le Premier ministre a relevé, en outre, la création de commissions locales et d’une commission nationale, sous la tutelle du secteur de l’Industrie, ayant pour objectif de dresser un inventaire de tous les dossiers et les problèmes entravant le lancement de ces projets d’investissement. A noter que les «membres permanents qui composent le CNI » sont les ministres des Collectivités locales, Finances, Industrie, Commerce, Énergie et mines, Tourisme et artisanat, et l’Environnement. Par ailleurs, M. Benabderrahmane a assuré que les cinq projets structurels arrêtés par les autorités publiques commençaient à se concrétiser sur le terrain, notamment dans les secteurs minier et portuaire. Ces projets ont, selon lui, «pris leur cours naturel» grâce aux partenariats conclus avec des opérateurs «leaders» dans ces domaines. Quant à l’assouplissement des procédures douanières et la prise en charge des préoccupations des opérateurs économiques, le Premier ministre a indiqué que le secteur des douanes sera doté d’un nouveau système informatisé, fruit d’un partenariat avec les Coréens, saluant les efforts consentis par les douaniers pour accomplir pleinement leurs missions en faveur de la protection de l’économie nationale et de la préservation les droits du trésor public. A propos de la politique de subvention et de la vive controverse qu’elle a suscité auprès de l’opinion publique, le Premier ministre estime qu’il s’agit d’une «interprétation erronée (…) provoquée par certaines parties». Selon lui, le gouvernement n’entend nullement renoncer aux subventions, a-t-il insisté, ajoutant que l’objectif de cette mesure proposée dans la loi de finances 2022 «est le ciblage des subventions aux véritables bénéficiaires, en déterminant les mécanismes de sa mise en œuvre, des mécanismes qui «ne seront appliqués sans l’accord du Parlement», a-t-il ajouté.

Benabderrahmane a aussi évoqué les incidences négatives des subventions généralisées, relevant, à titre d’exemple, que les groupes Sonelgaz et Sonatrach subissent de lourdes charges financières, en raison de la différence entre le coût réel et le prix de vente de leurs produits (gaz, électricité et carburants, ndlr), ce qui paralyse leurs opérations d’investissement et la réalisation de leurs projets stratégiques. Ajoutant que cette situation a amené le gouvernement à renoncer aux bénéfices exceptionnels des groupes Sonatrach et Sonelgaz au titre de la loi de finances 2022.

En ce qui concerne la sécurité alimentaire, M. Benabderrahmane a indiqué qu’il s’agit d’un objectif figurant parmi les priorités du gouvernement depuis la création de la banque de gènes en 1985. Le Premier ministre a estimé que cette banque qui a souffert de «négligence», se veut un indicateur sur l’efficacité de la politique agricole des pays.

Concernant les lacunes enregistrées en matière de développement local de nombreuses régions du pays, il a mis l’accent sur les efforts déployés par l’Etat dans ce domaine, soulignant, à titre d’exemple, que l’Algérie est classée parmi les pays les plus raccordés au réseau d’électricité, opération ayant nécessité des capacités financières importantes. Ajoutant que le raccordement des wilayas au réseau routier constituait une «priorité pour les pouvoirs publics». Le PLF 2022 a été adopté à la majorité par les membres de l’Assemblée populaire nationale (APN), mercredi dernier, après l’introduction de quelques amendements.