Naufrages et disparitions des embarcations de harraga en Espagne

Semine dramatique pour les migrants algériens

Liberté, 23 octobre 2021

L’activiste espagnol Francisco Martin qualifie de “désastre” ce qui s’est passé durant ces sept derniers jours sur la route migratoire de l’Algérie vers l’Espagne.

Terribles nouvelles que celles données par Francisco Jose Clemente Martin, du Centre international pour l’identification de migrants disparus (CIPIMD), qui confirment, malheureusement, la disparition de plusieurs embarcations, la semaine dernière. Ainsi, on est toujours sans nouvelles d’un bateau transportant 21 personnes, dont cinq femmes et huit jeunes enfants, parties de Chlef, à l’ouest du pays, en direction d’Alicante.

Une autre embarcation, munie d’un moteur de 40 chevaux, partie cette fois d’Oran avec à son bord cinq personnes, n’est toujours pas arrivée à destination. La page Facebook de l’activiste espagnol évoque également la disparition d’un scooter des mers transportant trois personnes sans préciser leur nationalité, ainsi que le naufrage d’une patère, avec à son bord 14 harraga, dont une femme, du côté d’Almeria.

Parmi les naufragés, les secours ont pu apporter leur aide à deux personnes, deux corps ont été repêchés, alors que le reste des passagers est porté disparu.

La même source d’information ajoute qu’on attend toujours des nouvelles de deux autres embarcations. Francisco Jose Clemente Martin qualifie de “désastre” ce qui s’est passé durant les sept derniers jours sur la route migratoire de l’Algérie vers l’Espagne précisant que “tous ces naufrages sont confirmés à 100%”.

Il décrit sa tristesse et son impuissance face à cette situation et particulièrement la difficulté de donner de “mauvaises nouvelles à ces familles” en l’absence des corps des disparus.

Rappelons que le CIPIMD a mis dernièrement en ligne sur sa page Facebook un formulaire à remplir pour les familles des harraga disparus en mer. Ainsi, il était demandé “en urgence” aux familles des disparus, principalement de septembre, de renvoyer ces formulaires accompagnés de la photocopie de la carte d’identité de la personne recherchée, ainsi que de celles de ses parents.

Entre autres informations, il est demandé l’affiliation du disparu, le lien de parenté de ceux qui le recherchent, la date et l’heure de départ, ainsi que la ville de départ. Le nombre de personnes à bord, la description physique de la personne disparue et les vêtements qu’elle portait font également partie des indications demandées.

Le CIPIMD affirme que seuls les proches des disparus, qui prouveront le lien de parenté avec le disparu, seront informés des résultats des recherches.

À travers cette démarche, le Centre se substitue en quelque sorte au travail du bureau national de rétablissement des liens familiaux du Croissant-Rouge algérien. En effet, ce dernier a pour rôle de recevoir des demandes de recherches de la part des familles des harraga disparus ou d’autres familles désireuses de rétablir des liens familiaux avec un parent à l’étranger.

Les formulaires remplis par les familles avec des informations sur les disparus sont envoyés au CRA à Alger qui les transfère ensuite au CICR basé également à Alger. Ces informations sont ensuite adressées à la Croix-Rouge française, italienne ou espagnole. Pourtant, nombre de familles algériennes de disparus à l’étranger ignorent tout de l’existence de cette structure.

Ce “court-circuitage” tend à gagner un maximum de temps en mettant directement en contact les familles des disparus avec le Centre international pour l’identification de migrants disparus en évitant les lourdeurs bureaucratiques, chères à nos administrations.

SAïD OUSSAD