Une compagnie israélienne va chercher du pétrole au large du Sahara occidental

Ryad Hamadi, TSA, 17 Octobre 2021

La coopération économique entre Israël et le Maroc s’étend à la prospection des hydrocarbures au large du Sahara occidental occupé.

Moins d’une année après la normalisation des relations entre les deux pays en décembre 2020, une compagnie israélienne va chercher du pétrole au large de la ville sahraouie occupée, Dakhla.

Selon le journal marocain le Desk, Ratio Petroleum a annoncé le 12 octobre la signature, avec l’Office marocain des hydrocarbures et des mines (Onhym), d’un accord portant sur l’exploration de ce qui est appelé le bloc Dakhla Atlanctic.

D’une superficie totale de 106.000 km2 et d’une profondeur de 3.000 m, ce bloc couvre la moitié du littoral des territoires occupés du Sahara occidental, et s’étend jusqu’au littoral mauritanien.

Le Desk a souligné que la « principale motivation de cet accord était clairement politique », mais la compagnie israélienne a évoqué la « nature prometteuse » de ce bloc.

Depuis l’accord triangulaire qu’il a signé avec Israël et les Etats-Unis en décembre dernier, le Maroc a multiplié les initiatives pour mettre la communauté internationale devant le fait accompli au Sahara occidental, avec l’installation de compagnies étrangères et l’ouverture de consulats dans les villes sahraouies occupées.

Une démarche contraire à la légalité internationale, puisque le Sahara occidental est inscrit sur la liste de l’ONU des territoires non autonomes, concernés par la décolonisation, et ce depuis 1963.

Cet accord signé entre la compagnie israélienne avec l’Office marocaine des hydrocarbures et des mines intervient quelques jours après la décision de la justice européenne rendue publique le 29 septembre d’annuler deux accords commerciaux signés entre le Maroc et l’Union européenne qui englobent les territoires sahraouis occupés.

En prenant cette décision, le Tribunal de Bruxelles a reconnu le Front Polisario comme représentant légitime du peuple du Sahara occidental.

Il intervient dans la foulée de la désignation de Staffan De Mistura comme envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, en remplacement de l’Allemand Horst Kohler qui a démissionné en mai 2019.