L’événement s’est déroulé dans un climat de tension: Béjaïa sous haute surveillance policière

Liberté, 06 Octobre 2021

La commémoration de la date symbolique du 5 Octobre, qui coïncidait, hier, avec le 33e anniversaire du soulèvement populaire d’Octobre 1988, s’est déroulée dans un climat de tension et de répression à Béjaïa, où un impressionnant dispositif sécuritaire a été déployé depuis la veille à travers les différents axes stratégiques de la wilaya.

Cette forte présence des services de sécurité, qui ont quadrillé tous les coins de la ville des Hammadites, avait pour mission d’empêcher la tenue de toute manifestation de rue ou autre activité politique organisée dans le cadre de la célébration de cet événement historique, à l’origine de l’ouverture démocratique. Signe de cette détermination : l’avocate et présidente du parti l’Union pour le changement et le progrès (UCP), Me Zoubida Assoul, a été interpellée, dans la matinée, à deux reprises par la police, alors qu’elle se rendait dans la ville de Béjaïa pour animer une conférence-débat au siège de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (Laddh). En effet, après avoir été arrêtée à un barrage de police dans la localité de Takrietz (Souk Oufella), elle sera ensuite interpellée à l’entrée de la ville de Sidi Aïch. En outre, les mêmes services de sécurité ont également procédé à l’arrestation de quatre citoyens qui tentaient d’initier une marche pacifique dans le chef-lieu de la wilaya de Béjaïa, à l’occasion de cette journée commémorative.

Même le siège du Centre de documentation et d’information en droits de l’Homme (CDDH) de Béjaïa, sis à la cité Aouchiche, qui devait abriter une rencontre-débat organisée conjointement par la Laddh et l’Association des parents de victimes et de blessés d’Octobre 1988 (AVO-88), autour des douloureux événements d’Octobre 1988, a reçu la visite des éléments de la police qui sont venus signifier aux organisateurs que leur activité “n’est pas autorisée par les autorités locales”.

Après les pourparlers entre les policiers et les responsables de la Laddh, ces derniers ont décidé de maintenir leur conférence-débat qui reste, selon Hocine Boumedjane, responsable du CDDH, comme une “activité interne” à la Ligue. Cette nouvelle vague d’arrestations et de pressions exercées sur les militants politiques et manifestants pacifistes a suscité une vive réaction au sein des acteurs politiques et autres défenseurs des droits humains de la région.

KAMAL OUHNIA