Programme présidentiel dédié aux zones d’ombre: 300 milliards de dinars en deux ans

Mohamed Kebci, Le Soir d’Algérie, 22 septembre 2021

Le Premier ministre et ministre des Finances a fait part de la consécration d’une enveloppe financière de 300 milliards de dinars pour financer un programme de plus de 24 000 opérations de développement au niveau des zones d’ombre auxquelles le chef de l’État accorde une importance particulière, et ce, durant les deux années 2020 et 2021.
M. Kebci – Alger (Le Soir) – Lors de sa présentation, hier mardi, du plan d’action de son gouvernement par-devant les membres du Conseil de la Nation, Aïmène Benabderrahmane a estimé que les efforts consentis par les pouvoirs publics ont été couronnés jusqu’à présent par le financement d’un programme qui comprend 24 216 opérations pour lesquelles une enveloppe financière d’une valeur de 310 milliards de dinars au cours des années 2020-2021 a été allouée. Des opérations liées, notamment, à l’approvisionnement des populations en eau potable, le raccordement aux réseaux d’électricité et de gaz, les réseaux d’assainissement, la réalisation de structures de santé et d’aires de jeu et de divertissement réparties sur 1 343 communes ont été achevées et donc réceptionnées.
Pour le Premier ministre et ministre des Finances, l’édification de la nouvelle Algérie est «tributaire» de l’amélioration du cadre de vie des citoyens, du développement social et économique et l’élimination des disparités régionales. Une élimination de ces disparités qui passe inéluctablement par «l’exploration des mécanismes et des moyens pour développer et réhabiliter ces zones, notamment celles dites zones d’ombre», pour lesquelles le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a élaboré des programmes spéciaux et leur a accordé la plus haute importance, réitérant l’engagement du gouvernement à mettre en œuvre strictement ces programmes.
Par ailleurs, le Premier ministre et ministre des Finances a réitéré la «détermination» du gouvernement à «lutter sans relâche contre la corruption et à récupérer par tous les moyens l’argent et les biens immobiliers pillés». Il a, en outre, mis en relief  les efforts consentis pour «améliorer le climat d’investissement pour faire avancer le développement économique et créer des emplois». Rappelant que l’Algérie était, à une époque lointaine, le «grenier à blé de Rome», il a soutenu qu’elle «doit restaurer son autosuffisance alimentaire».
Et lors des débats ayant suivi cet exposé du Premier ministre et ministre des Finances et à l’occasion desquels pas moins de 63 membres de la Chambre haute du Parlement se sont inscrits, les mêmes remarques que celles formulées la semaine dernière par les députés ont été renouvelées. Dont, notamment, l’absence de chiffres liés aux délais de réalisation des projets contenus dans ce plan d’action et aux sources de leur financement et les montants qui leur seront alloués de même que les objectifs qui ne sont pas précisés.
Aussi, un intervenant a invité le gouvernement à «ne plus venir au secours des entreprises publiques économiques en difficulté», préconisant «l’ouverture de leurs capitaux, à l’exception, a-t-il tenu à préciser, des entités stratégiques». Un autre intervenant a abordé la «nécessité», selon lui, de «revoir de fond en comble les codes régissant la commune et la wilaya» en vue, a-t-il expliqué, «d’accorder plus de prérogatives aux élus locaux pour leur permettre d’agir efficacement dans l’exécution des projets». Autre doléance d’un autre sénateur, celle de «ramener l’âge de départ à la retraite à 60 ans pour tout le monde».
Les débats autour de ce plan d’action du gouvernement se poursuivront, aujourd’hui mercredi dans la matinée avec les interventions des chefs des trois groupes parlementaires représentés au Sénat (FLN, RND et tiers présidentiel) alors que la séance de l’après-midi sera consacrée aux réponses du Premier ministre et ministre des Finances aux préoccupations des sénateurs qui auront, juste après, à adopter une motion sur ce plan d’action.
À rappeler que ce plan d’action du gouvernement a été adopté, jeudi dernier à l’Assemblée populaire nationale par 318 députés sur les 380 présents, alors que 65 autres, ceux du Mouvement de la société pour la paix (MSP) l’ont désapprouvé en votant contre.
M. K.