Justice et Hirak: Libération des uns et condamnation des autres

Liberté, 10 juillet 2021

De nouvelles condamnations et des placements en détention ont été enregistrés cette semaine contre des activistes du Hirak, alors que d’aucuns espéraient la libération de plusieurs détenus après l’instruction présidentielle du 4 juillet dernier.

Dernières condamnations en date : celles enregistrées ce jeudi à Alger, à Relizane, à Sidi Bel Abbès et à Skikda. Ainsi, l’ancien président de l’association Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ), Hakim Addad, a été condamné à un an de prison ferme, assorti d’une amende de 20 000 DA, par le tribunal de Sidi M’hamed d’Alger.

Se trouvant actuellement en France, Hakim Addad a dénoncé sa condamnation, soulignant qu’“avec les mêmes chefs d’inculpation dans deux affaires, pour l’une je suis acquitté et pour l’autre je suis lourdement et abusivement condamné”.

Mahdjoub Adda, autre militant du Hirak, a été condamné à Relizane jeudi pour la même peine de prison (un an ferme) et à une amende de 30 000 DA. Affirmant n’avoir jamais reçu de convocation des autorités judiciaires de la wilaya de Béjaïa, Fayçal Hamlat a appris cette semaine avoir été condamné par contumace le 18 février dernier à 6 mois de prison ferme et à 50 000 DA d’amende.

Il était poursuivi pour “outrage à corps constitué et incitation à attroupement non armé”, alors qu’à Skikda, Oussama Boukhdir a été condamné à 4 mois de prison, dont deux avec sursis pour les mêmes chefs d’inculpation, a indiqué le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

Même peine de six mois de prison ferme et 50 000 DA d’amende à l’encontre de Ryma Ziadi à Sidi Bel Abbès pour “outrage à corps constitué, atteinte à l’unité nationale et incitation à attroupement”.

Ces nouvelles condamnations interviennent au lendemain de la libération de 18 détenus politiques et d’opinion dans le cadre des “mesures d’élargissement” décidées par le président de la République à l’occasion de la commémoration de la Fête de l’indépendance et de la jeunesse.

Le même jour 11 autres détenus de la prison d’El-Harrach ont été libérés après le verdict de la Cour d’Alger laquelle a supprimé la peine d’emprisonnement (prononcée en première instance).

Ces derniers ont toutefois été condamnés à une amende de 60 000 DA, selon leurs avocats. Parmi les détenus libérés figurent notamment Ouahid Benhalla, cadre du Mouvement démocratique et social (MDS) qui était incarcéré à la prison d’El-Harrach où est détenu également le coordonnateur du parti, Fethi Ghares, interpellé à son domicile la semaine dernière à Gué-de-Constantine dans la banlieue sud-est d’Alger.

Des arrestations ont, par ailleurs, été enregistrées ce jeudi à Tlemcen, à Annaba et à Bouira, a indiqué le CNLD, qui a fait également état de la convocation par le tribunal de Bordj Bou-Arréridj de Me Mounir Gharbi, avocat et membre du Collectif de défense des détenus d’opinion, suscitant de vives réactions parmi ses confrères qui dénoncent un “acharnement” contre leur corporation.

Pour rappel, Raouf Arslène, avocat au barreau de Tébessa et militant actif de ce collectif, est en détention depuis près de deux mois. Il est notamment accusé d’appartenance au mouvement Rachad.

Lyès MENACER